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31/03

Au divin Apollon [1] dont le trait porte loin… 

Un oiseau solitaire,

courant des alizés…

Le vent… La mer…

Filant à travers

la brumeuse aquatique,

falaise de la liberté.

Ô Muses [2] , héliconiennes,  aux pieds fleuris...

Ô Muses éternelles parmi les Eternels,

et bien avant que l’Aurore aux doigts de roses,

Eôs [3] ,

n’effeuille les herbes et les myosotis,

que de l’enclos de mes dents

s’envolent tous les mots jolis...

Que se lève devant l’Esprit,

les voiles du désir de se laisser mâchicouler

eh ! Des mâchicoulis ! l’essor de la liberté !

Laisse le vent te pousser courant des pâtures océanes.

Laisse le vent courant des doux alizés

pour qui sait y faire en  mélodie d’écume

courant des rêves inégalés…

La nuit. La nuit, je ne suis plus d’ici…

Mon Esprit erre ici et là…

les ailes d’albâtres au gré des falaises en pierre de grès ;

Que tous les éclaireurs se faufilent entre les aléas

des arbustes étoilés ! Pour toujours à jamais :

Un oiseau solitaire doit remplir cinq conditions…

Le soleil, une seule ; les fleurs sauvages

font tout ce qu’elles ont envie

L’Être enclin au voyage intérieur ;

celui qui jaillit en gerbes ignées…

Que toutes les couleurs s’harmonisent en palette irisée.

Que toutes les fleurs sauvages fassent comme elles ont envie !

Yasserní, Alesfakia,

Absinthes, Héliotropes,

Thimàri, Ravenelles,

Drakókoulos et Mandragore :

Yassou !

Que le cortège des Muses

ouvre la voie du musagète…

Que son énergie fuse

partout sur la planète.

Ô Muses, héliconiennes,  aux pieds fleuris...

que de l’enclos de mes dents

s’envolent tous les mots jolis !

Que se lève dedans l’Esprit,

la lumière… Juste après le néant !

 


[1] Une des douze grandes divinités de l’Olympe (les autres sont : Zeus, Héra, Poséidon, Héphaïstos, Hermès, Arès, Artémis, Athéna, Hestia, Aphrodite et Déméter). Apollon naquit à Délos, où sa mère Léto, séduite par Zeus, vint se réfugier afin d’échapper à la fureur jalouse d’Héra. Apollon eut une sœur jumelle, Artémis, en compagnie de laquelle il est souvent représenté dans les légendes.

Dés qu’il apprit sa naissance, Zeus offrit à son fils, une mitre d’or, une lyre et un char attelé de Cygnes. Nourri de nectar par la déesse Thémis, le nouveau-né devint en quelques jours un magnifique adolescent, qui partit sur son char, muni d’un carquois et de flèches, pour le pays des Hyperboréens. Après y avoir séjourné un an, il vient à Delphes et commença là sa carrière. Il se distingua, en effet, non loin de cette ville en tuant le serpent Python, qui vivait dans une caverne du mont Parnasse. Mais ses amours sont plus célèbres encore. D’une beauté rayonnante, d’une grande stature, il séduisit de nombreuses nymphes, telle Coronis, qui  lui donna un fils Asclépios, que Zeus en colère foudroya. Apollon pour se venger du dieu souverain, perça et tua de ses flèches les Cyclopes qui avaient forgé la foudre. Irrité par tant de présomption, Zeus chassa alors Apollon de l’Olympe. On connaît d’autres amours de ce dieu ; il aima la nymphe Daphné, qui, pour lui échapper, fut transformée en laurier ; il séduisit la nymphe Clytia, fille de l’Océan et la changea en héliotrope, lorsque, abandonnée, elle révéla au père de Leucothoé, sa rivale, les nouvelles amours de son divin amant. Durant son séjour sur la Terre, Apollon trouva une complaisante hospitalité auprès du roi Admète, dont il garda le troupeau. C’est pourquoi le dieu passait souvent pour le protecteur du bétail. Quand son exil sur la Terre prit fin, il obtint la permission de réintégrer l’Olympe. Les Grecs multiplièrent ses attributions et leur donnèrent parfois un caractère funeste. C’est ainsi qu’il est regardé comme le dieu du châtiment foudroyant. Toutes les morts subites sont le résultat des blessures qu’il inflige de ses traits. Parfois, il condamne l’humanité à une mort plus lente et plus horrible encore en lui envoyant la peste (Voir les premiers chants de L’Iliade). Pourtant Apollon est avant tout, aux yeux des Grecs, un dieu aimable et le chef des prophéties et de la divinations : la pythie parle en son nom ; inspirateur des musiciens et des poètes, il est alors appelé Apollon Musagète, la divinité tutélaire de tous les arts, le symbole du soleil et de la lumière civilisatrice. On peut dire sans outrance, qu’Apollon reflète pour les Grecs le génie artistique de leur pays, l’idéal de la jeunesse, de la beauté et du progrès.

[2] Selon Homère, Les Muses étaient les déesses grecques qui inspiraient les chants. Au VIIIe siècle, cependant, elles ne possédaient pas encore d’attribution très précises. En revanche, un siècle plus tard, leurs caractères sont, dans la Théogonie d’Hésiode, plus nettement définis. Filles de Zeus et de Mnémosyne (la Mémoire), au nombre de neuf après avoir été primitivement trois, elles président aux différentes formes de la poésie. Á Clio revient l’Histoire, à Euterpe la Poésie lyrique, à Thalie on attribue la Comédie, à Melpomène la tragédie ; Terpsichore inspire la danse, Érato la poésie érotique, Polhymnie l’Hymne ; à Uranie on accorde l’Astronomie et à Calliope, la Poésie épique. Leur cortège est précédé par Apollon, qui reçoit, en cette occasion, le surnom de « Musagète ». Leurs demeures sont multiples et correspondent le plus souvent à des lieux de culte ou a des légendes. Elles habitent l’Olympe et distraient les dieux de leurs chants, mais elles ont sur la Terre des lieux de prédilection comme le mont Piéros, en souvenir des neuf filles du roi de Macédoine Piéros, qui voulurent rivaliser avec elles et qui furent, en punition, changées en pies par Apollon. Les poètes venaient également chercher l’inspiration sur le mont Hélicon et auprès des fontaines sacrée d’Aganippé et d’Hippocrène, où, dit la légende, séjournaient parfois les Muses. Celles-ci furent identifiées par les Romains avec les Calmènes.

[3] Cette personnification divine de l’aurore dans la mythologie grecque appartient à la toute première génération des dieux : elle est la fille de Théia et d’Hypérion et la sœur d’Hélios et de Séléné. A la fin de chaque nuit, Éos apparaît à l’horizon sur un char de lumière traîné par des cheveux d’or, pour annoncer le retour du soleil. Ses époux et ses amants sont innombrables, et elle a mis au monde de nombreux enfants. Épouse d’Astræos, elle lui préfère Orion, puis Céphale, enfin le fils de Laomédon, Tithonos, à qui elle donne Memnon, roi d’Egypte. Il reste que les amours d’Éos pour les jeunes dieux ou les mortels sont autant d’allégories : telle son union avec Astræos, le vent du crépuscule, d’où naquirent l’Étoile du matin, les vents et les astres.

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