intro | 31/03 |De l'arbre sur la montagne | Les Sirènes du Mississipi | I Have a dream |

(Ce chant est encore en chantier... Il sera celui qui prendra vraiment tout son sens lorsque le texte sera collé sur la musique (voir Explications) --certains passages, répétitifs, donnent mal, en effet, en simple lecture... Je le propose tout de même, dans l'état où il est, pour que le lecteur ne perde pas le fil structurel)

DE L’ARBRE SUR LA MONTAGNE 

 (D’après « Ainsi Parlait Zarathoustra » de Frédéric Nietzsche

et « Tsien », l’hexagramme n°53 du Yi King)

À l’Enfant qui grandit

   
Comme chardon   
Vers la cime du mont
pics de ronce...  
K’i, le jeune homme
Comme réseau  
reclus vit,
de fils  
d’un œil las
qui  tissent
Le monde
l’infini !
le désespoir
comme un
 
inassouvi !
agglomérat
 Dans la pénombre
 
de toute sa hargne,
de la nuit,
Vers le bas…
sombrait…
contempla
Vers le mal !  
son désert
L’insondable !  
infini !
 
Zarathoustra saisi l’arbre contre lequel s’était assis

le jeune homme et parla de cette façon, comme un ami : 

 « Voudrais-je de mes mains secouer cet arbre, point ne le pourrais.

  Mais le vent, que nous ne voyons, celui-là le tourmente et le ploie à sa guise.

De la plus vilaine façon par d’invisibles mains nous sommes ployés,

tordus, tourmentés… Éperdument.  

 Pourquoi t’en effrayer ?

 —Il en va de l’homme comme de l’arbre…

Comme les vagues de l’océan !

Alors pourquoi t’en effrayer ? »

 
 
 
 
 
 

L’arbre et l’humain ne font qu’un,

 
 
au champ doré des doux éclairs :
« Lorsque je suis en haut,
 
Plus son feuillage tend des deux mains
 me retrouve toujours si seul.
 
vers la paix, la douce lumière…
 Personne ne me parle du gel, de la solitude,
 
plus ses racines puissamment
je frissonne. Là-haut que veux-je donc ?
 
s’efforcent vers le mal, le bas, le profond…
            Comme j’ai honte de monter !
 
s’ancrent à la terre !
Comme je me raille !
Zarathoustra saisi l’arbre  
Comme je hais
contre lequel s’était assis  
celui-là qui s'envole
le jeune homme et parla  
Comme je suis las ! »
de cette façon, comme un ami :    
 

« Cet arbre se dresse en solitaire sur le mont ;

bien haut il crût par-dessus les gens, 

les fleurs des champs...

« Cet arbre se dresse en solitaire sur le mont ;  
Et même voudrait-il parler avec un ami,
bien haut il crût par-dessus les gens,

il n’y aurait pas âme qui vive pour l’écouter ;

les fleurs des champs... »     
 

si haut il crût ! 

Vers les sombres nuées… 

Ses feuilles allaient ! »

 
Le monde comme un spasme de haine
 
 
se déchirait au nom de Dieu…
 
 

{Les âmes sont des feuilles

déjà mortes, qui volètent au vent de la nuit…}

 
La mort, elle se réjouissait
 
 
de tous ces nouveaux amis ;
« Désormais il attend et attend —Mais qu’attend-il ?
 
leurs grimaces la distrayaient.
Du siège des nuées, trop proche est sa demeure ;
 
Elle les faisait tourner
 
 
dans le creux de sa main.
 

Ce qu’il attend, est-ce le premier éclair ? »

Après que Zarathoustra eut dit ces mots, 

s’écria là le jeune homme 

—et ses gestes étaient véhéments : 

 « Certes, Zarathoustra tu dis la vérité. 

De mon déclin je languissais 

quand j’ai voulu gravir la cime…

 Et tu es l’éclair que j’attendais 

—Jaillissant des sombres nuées. 

Dés  ta venue,

de moi, qui suis-je ?

C’est mon envie de toi qui m’a détruit ! »

—De la sorte parlait le jeune homme et il pleurait. 

Mais de ses bras Zarathoustra le ceignit 

et l’entraîna de par les sentiers. Puis il lui dit :

« J’ai le cœur déchiré, cher ami ! 

 Mon œil mieux que tes mots me dit tout ton péril. 

 Encore tu n’es libre ; de ta liberté, encore tu es en quête. 

Âpre combat que celui-là. »

« À la libre altitude tu veux monter, d’étoiles 

est assoiffée ton âme.

Mais tes mauvais instincts ont soif aussi de liberté.

Tes chiens sauvages veulent cavaler en liberté, contre le vent ; 

 quand ton Esprit s’efforce d’ouvrir toute prison,

dans leur cave ils aboient au plaisir ! 

Dans leur cave ils aboient au plaisir futile ! 

Pour moi tu es encore un captif égaré qui rêve de liberté, ‘las !

Prudente se fait l’âme de tels captifs, 

mais perfide aussi, mauvaise et suffocante… 

{Tous nos élans se voyaient contrariés —malgré le vent !}

Au libéré de l’Esprit déchaîné, 

il faut encore se purifier l’âme, au gré du vent. 

En lui reste encore beaucoup de sa moisissure 

et il faut que son œil encore devienne pur. »

Pourtant il y avait des lacs éveillés où la brume éthérée 

dispense dessus la berge des flocons d’allégresse, 

comme des vapeurs de savoir léger, 

comme des embruns de la connaissance. Oui !

« Je vous le dis : 

 Pour pouvoir faire naître une étoile qui danse au levant, 

il faut en soi-même encore avoir présent quelques chaos. 

 Je vous le dis : Au fond de vous-même 

il est encore quelques chaos ! ».

{Lorsque dans l’homme règnera 

l’Esprit du ciel, alors 

la nature animale passera sous 

son influence et trouvera la place 

qui est la sienne…—En parfaite harmonie 

avec l’Esprit du ciel.}

Comme réseau de fils qui, 

tressent le vide de la vie, 

le futile, l’espoir inassouvi… 

Qui nous conduit tout droit au sombre dédale du corps igné,  

ignorant qu’il est fluide et fait de fibres qui brillent… 

Au Feu du levant. 

« Oui certes, je connais ton péril. 

 Mais de par mon amour 

et mon espoir je t’en conjure : 

Ne répudie ni ton amour, ni ton espoir ! 

Ni tes rêves ! 

Ami !

            Tu te sens noble et noble

 
« Voyez ces gens de bien, ces justes !
aussi te sentent les autres,
 
Qui haïssent-ils le plus ?
qui contre toi s’irritent
 
—Au fond de leur cœur… Quel est celui
et te jettent de méchants regards.
 
qu’ils haïssent le plus ?
Sache qu’au travers de leur voie,
 
Celui qui fait éclater leurs tables de valeurs,
tous tant qu’ils sont,
 
le briseur, le criminel : or c’est le créateur.
se dresse un homme noble.
 
Des compagnons cherche le créateur,
Du vieux !
 
et non des cadavres
L’homme de bien veut du vieux !
 
 et non plus des troupeaux,
Mais du neuf,
 
des croyants asservis.
voilà ce que veut l’homme noble !
 
Des co-créateurs
Et le péril de l’homme noble est de se faire
 
cherche le créateur, ceux qui inscrivent
non point un homme de bien, mais un railleur
 
les nobles et nouvelles valeurs. »
Briseur de tables de valeurs.
 
 Ceux-là même qui vivent !
Ah ! J’ai connu des hommes nobles
 
Qui sont enfants du vent,
qui avaient perdu leur espérance la plus haute !
 
 de la pluie, des vagues déferlantes…
Dès lors ils calomnièrent toutes hautes espérances.
 
Sont arbres du Mont K’i
            Dès lors ils vécurent insolemment et en de brefs plaisirs.
 

« Volupté est aussi Esprit » -Ainsi disaient-ils ;

 de la sorte à leur Esprit ils ont rogné les ailes.

 
 « Voyez ces gens de bien, ces justes !
Hier, héros crurent être ;
 
Qui haïssent-ils le plus ?
jouisseurs sont aujourd’hui.
 
—Au fond de leur cœur…
Pour le héros n’ont qu’aversion et dégoût.
 
Quel est celui qu’ils haïssent le plus ?
Mais de par mon amour et mon espoir,
 
Celui qui fait éclater leurs tables de valeurs,
je t’en conjure :
 
le briseur, le criminel :
Hors de ton âme point ne rejette le héros ! »
 
Des compagnons cherche le créateur
Nourris-le d’Esprit.
 
 et non des cadavres et non plus des troupeaux,
 Nourris-le d’amour.
 
 des croyants asservis. Des co-créateurs
Ne répudie ni ton amour, ni ton espoir !
 
cherche le créateur, ceux qui inscrivent
Ni tes rêves !
 
avec leur sang, sur de nouvelles tables
Tes hauts idéaux !
 
les nobles et nouvelles valeurs. »
Tes rêves les plus fous !
 
Ceux-là même qui vivent ! Qui sont enfants du vent,
Avec ton sang, écris,
 
de la pluie, des vagues déferlantes… Sont arbres du Mont K’i
sur de nouvelles tables,
 
Ceux-là même qui vivent ! Qui sont enfants du vent,
Les nobles
 
Des nuages et de l’écume crépitant, immaculée…
et nouvelles valeurs !
 
Sont arbres du Mont K’i
Par tout le bien
 
Sont oies sauvages volant
que je te veux :
 
en troupes agencées dans l’azur éthéré,
 
 
Cosmos des nobles idées.
 
Qu’avons-nous en commun  
 Hors de ton âme point ne rejette le héros !
avec le bouton de rose,  
Garde sacrée ton espérance la plus haute ! »
qui frémit dès qu’une goutte de rosée
Garde pur ton espoir…
tombe sur son corps ? Dés qu’un rayon de lune
Comme un précieux trésor.
fait jaillir en embrun,  les perles de pluie.
Comme un bouton de rose qui en toi
Coule toute l’eau des  
ne cessera d’éclore !
ruisseaux,  courant des berges
Comme un soleil de l’est
du cœur de l’Homme… Où le flot
qui fait briller tes matins intérieurs.
des torrents déferle  
Comme une île au sud-est
jusqu’à créer les océans…  
où l’air éthéré fleure
Les vagues des marées ;  
un parfum léger.
la houle de la Vie  frémit  
Ainsi parlait Zarathoustra !
-En divin clapotis…  
Garde pur tout ton espoir, ton utopie !
 
Les enfants du vent, de la pluie
Tiens sacrés tout ton espoir,
 
des nuages et des rêves immaculés
 tes rêves, ton espoir, 
 
sont arbres du Mont K’i
tes rêves, tout ton amour !
 
Sont oies sauvages volant
Ton utopie !
 
dans l’azur éthéré,
Garde pure ton espérance,
 

Cosmos des nobles idées.

 
 

ta folie !

Zarathoustra saisi l’arbre s’élevant droit sur le Mont K’i

{Pour moi je suis léger, maintenant je vole ! 

Maintenant me vois là de mes ailes, 

 comme un nuage qui nage dans le ciel ; 

par moi c’est comme un dieu qui danse.}

Zarathoustra saisi l’arbre s’élevant droit sur le Mont K’i

{Ma bouche te dit ces mots célestes,

 
Il était une jeune fille qui dansait dans le vent…
Mes mains saisissent l’arbre…
 
Ses rêves étaient plus forts que tout !
Mais mon âme volette au gré du vent,
 
—Et faisaient ployer l’arbre sous ses soupirs.
des volutes azurées 
 
Les voiles
Je bats des ailes !
 
du désir
Je bats des ailes !
 
s’étirent
Ne suis plus qu’air !
 
dans
ivre de paix !
 
l’Ether…
Dans l’Éther !}
 
Venant 

Par tout le bien que je te prédis :

Point ne laisse fléchir

 
droit
ton admirable résolution !
 
du Chaos.
Vas-y !
 
 Du sombre
Ami !
 
 lacis.
Oui !
 

Zarathoustra saisi l’arbre s’élevant droit sur le Mont K’i

« Cet arbre se dresse en solitaire sur le mont ;

bien haut il crût par-dessus les gens, 

les fleurs des champs... 

Et même voudrait-il parler avec un ami,

« Cet arbre s’élève en solitaire sur le mont ;
Il n’y aurait pas âme qui vive pour l’écouter… »
bien haut il crût par-dessus les gens,  
les fleurs des champs... »    
L’arbre ploie mais ne se brise pas…
Pourtant il y avait des lacs éveillés
Les pensées volètent avec le vent
où la brume éthérée dispense
Les rêves s’échappent vers tous les univers
dessus la berge des flocons
Où l’air est leste, avenant.
d’allégresse —un sixième sens, une intuition—
Les pirogues par de là la voûte céleste
comme des vapeurs de savoir léger…
Les voiles du désir… S’étirent dans l’Ether
Comme une bulle de lumière
Tous tes admirables rêves de vie…
nous émergeant de notre vide…
Tous tes augustes feux de joie,
De notre profond silence ancestral.
point ne les laisse réduire en cendres !
De notre être initial, insulaire au néant.
{Une jeune fille dansait dans le vent…
Insulaire aux univers accumulés par de-là
Ses rêves étaient plus forts que tout
les mers et tous les océans…
Plus fort que l’autan qui attise !
—Affluent de nulle part pour aller vers jamais !
—Et fait ployer l’arbre sous ses soupirs.
 Vivant dans l’Hadès de la conscience des hommes,
Deux enfants faisaient vibrer ses pas,
des arbres et des oiseaux, des cailloux,
lui donnaient le tempo, son sens à la vie
du sable et du vent… Émergeant à l’éveil,
Max et Noémi… Beaux de naissance
à l’aube du Nagual ! L’Indicible —Là
—Aux cœurs légers ! Sous l’œil attendri
où le pouvoir plane ! Bien au de-là de la
du divin Alexandre, chair de mon sang.}
conscience accrue, du lieu sans pitié.
Laisse tes feuilles voleter !  
Laisse tes ailes se déployer !
Laisse tes branches pousser !  
Par la force de ton silence :
Elles tendent vers l’harmonie.  
Elles aspirent au savoir léger
Laisse les oiseaux voler !  
Comme de la poudre ambrée
Laisse l’amour immerger  
Des ailes du petit  papillon
le cœur des enfants chéris.  
Elles aspirent à la liberté ! 
{Une jeune fille dansait dans le vent
Dés lors
Elle s’appelle Fanny.}  
qu’on est !
 

Pourtant il y avait des lacs éveillés où la brume éthérée

dispense dessus la berge des flocons d’allégresse,

comme des vapeurs de savoir léger, 

comme des embruns de la connaissance. Oui !

« Je vous le dis : 

 Pour pouvoir faire naître une étoile qui danse au levant, 

il faut en soi-même encore avoir quelques chaos. 

  Je vous le dis : Au fond de vous-même      

il est encore quelques Chaos ! »

  Les enfants du vent, de la pluie
Garde pur
  des nuages, de toutes les Icaries,
tout ton espoir, ton utopie !
  sont arbres du Mont K’i
Tiens sacrés tout ton espoir,
  Sont oies sauvages volant
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
  dans l’azur éthéré,
Garde pure ton espérance,
  Cosmos des nobles idées.
ta folie !
  Des nobles et nouvelles idées.
Garde pur
  Les enfants du soleil, des fleurs
tout ton espoir, ton utopie !
  des champs, des herbes folles et
Tiens sacrés tout ton espoir,
  des myosotis, sont arbres du Mont K’i
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
  Sont oies qui volent dans
 tout ton amour ! Ton utopie !
  l'austral autan du cœur humain…
Garde pure ton espérance,
   —Avant que ne vienne avant.
ta folie !
  Les enfants de la pluie,
Garde l’Espoir !
  des nuages et du vent
Tiens sacrée l’Espérance !
   sont Anges protecteurs
Garde pur ton Espoir !
   et gardiens du Mont K’i
Tiens sacrée l’Espérance !
   -Au  Gange de la vie !
Tiens sacrée !
   sont Anges du Mont K’i
Dépasse tes craintes, 
   

dépasse toutes tes peurs !

—Tout au fond de ton cœur ; 

Au fond de ton âme, 

dépasse ta joie ! 

Ta folie juvénile.

Garde intacte toute ton espérance, 

ta folie ! 

Laisse tes ailes d’albâtre

glisser le long des falaises

de la liberté…

 

Pour moi je suis léger, maintenant je vole,

maintenant me vois au-dessous de moi ;

par moi c’est maintenant un dieu qui danse.

haut dans le ciel avec les Anges

et les nuages au gré du vent.

Les plumes sacrées des oies sauvages

orneront mon ultime ballet !

Les plumes sacrées des oies sauvages

—au vol en « V »-, seront plaisantes à l’œil

des guerriers impeccables, hommes

de connaissance et savants observateurs

du vol des oiseaux, tels que l’étaient

Tirésias [4] , Mopsos [5] et Calchas [6]

et le nagual Julian [7] et Talía [8]

Terribles et mystérieux amis !

Les plumes sacrées des oies sauvages

rendront couleurs à mon dernier ballet

—suprême mouvement de l’âme éthérée

immaculée et riches pensées.

Mon âme s’en prend l’essor…

De la branche lisse de l’arbre

du Mont K’i,

fait jaillir de l’abîme

une vive lueur lunaire ;

errent les souvenirs enfouis…

Pour moi je suis léger, maintenant je vole,

maintenant me vois au-dessous de moi ;

par moi c’est un dieu là, qui danse.

haut dans le ciel avec les Anges

et les nuages au gré du vent.

   
Garde pur
  Les enfants de la pluie, des nuages
tout ton espoir, ton utopie !
  et du vent, sont Anges gardiens
Tiens sacrés tout ton espoir,
  du Mont K’i —Au  Gange de la vie !
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
  Sont oies sauvages volant
 tout ton amour ! Ton utopie !
  dans l’azur éthéré,
Garde pure ton espérance,
  Cosmos des nobles idées.
ta folie !
   

Laisse tes ailes d’albâtre

glisser le long des falaises

de la liberté…

  Sur la montagne est un arbre :  
  Telle est l’image du développement.
  Telle est l’image de l’homme noble  
  qui fait son habitation de la dignité
  et de la vertu, pour améliorer  
  les mœurs publiques. L’arbre  
  sur la montagne est visible au loin  
  et son développement exerce  
  une influence sur le paysage  
  de la contrée tout entière.  
  Il ne jaillit pas comme  
  une plante des marais,  
  mais sa croissance  
  progresse lentement  
  avec force et ténacité.  
  Désormais il attend  
  et attend —Mais qu’attend-il ?  
  Du siège des nuées, trop proche est sa demeure ;
  ce qu’il attend, est-ce le premier éclair ? 
     
  L’arbre et l’humain ne font qu’un,  
  au champ doré des doux éclairs !  
  Ils croissent sans hâte  
  Dans ce terreau d’intempéries :  
  De leurs racines ancrées  
  dans l’abîme du sombre lacis,  
  Ils tendent des deux mains  
  Vers la paix, la douce lumière  
 

ils tendent vers l’Harmonie.

 
  Pour que la vie  
  soit toujours la vie ! Pour que  
  le soleil conserve ses mille  
  et un reflets d'apparat,  
  sa course folle par de-là  
  les astres et la voûte céleste…  
  Pour que l’Homme demeure  
  A jamais debout, Vivant  
  et maître de tous ses gestes.  
  Pour que le rire des enfants  
  éclaire à jamais nos cœurs…  
  Les herbes folles, les fleurs  
  des champs —En parfaite harmonie
  avec l’Esprit du ciel, du firmament.  
   
Garde pur
  {Lorsque dans l’Être règnera
tout ton espoir, ton utopie !
  l’Esprit qui vient du Ciel,
Tiens sacrés tout ton espoir,
  la nature animale s’inclinera
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
  devant son maître et trouvera
 tout ton amour ! Ton utopie !
  la place qui est la sienne… La
Garde pure ton espérance,
  Place qui à ses maux, remédie !}
ta folie !
     
 —Ignorant qu’il est fluide
Garde pur
Garde l’Espoir !
et fait de fibres qui brillent !
tout ton espoir !
Tiens sacrée l’espérance !
dedans l’éternité… Bien au de-là
Comme un bouton de rose
Garde pur ton Espoir !
incarnat qui en toi
Tiens sacrée ton espérance !
 
ne cessera d’éclore !
Je t’en prie !
  L’homme tâtonne !
Comme un précieux trésor
 
Toujours il est en quête...
Comme un
 
Il a soif de lui-même, il guette 
soleil de l’est qui fait
 
Comme un tigre à l'affût,
chanter tes matins
 
   le gibier de raison 
  intérieurs. Comme
 
—Quand son destin, sa vie,
une île au sud-est
 
dans l’infini s’effilent. 
où l’air fleure un parfum
 
Laisse tes feuilles voleter !
de vie.
 
Laisse tes branches pousser !
Senteur céleste.
Garde pur
Elles tendent vers l’harmonie.
De l’écume immaculée
tout ton espoir, ton utopie !
Laisse les oiseaux voler !
jusqu’à créer
Tiens sacrés tout ton espoir,
Laisse l’amour immerger
les océans…
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
le cœur des enfants
La Vie  frémit
tout ton amour ! Ton utopie !
Chéris
—En divins
Garde pure ton espérance,
Laisse tes fleurs pousser :
clapotis
ta folie !
Elles aspirent à la légèreté !
Dés qu’un rayon de lune
Garde l’Espoir !
Comme de la poudre ambrée
fait jaillir en leste vapeur,
Tiens sacrée l’Espérance !
des ailes du petit  papillon
les perles de pluie.
Garde pur ton Espoir !
Elles aspirent à la liberté !
Comme des embruns
Tiens sacrée l’Espérance !
Par la force de ton abandon :
de la connaissance
Tiens sacrée !
Par toute l’immensité,
Comme des bulles
Garde pur
la foudre, les vagues
de savoir léger…
tout ton espoir, ton utopie !
de bleu qui déferlent…
Comme le vol éthéré
Tiens sacrés tout ton espoir,
Laisse ton Merlin
des oies sauvages
tes rêves, ton espoir, tes rêves,
se fondre dans l’infini !
dont la rigueur du vol en « V »
tout ton amour ! Ton utopie !
Laisse ton amour moudre
demeure le parangon
Garde pure ton espérance,
la vie. 
de l’arbre du  Mont K’i
 ta folie !
     
   
Liège, mars 2002

[4] Avec Calchas, Tirésias est l’un des plus célèbres devins de la mythologie grecque. Né de la nymphe Chariclo, il acquit son don de prophétie dans des conditions extraordinaires. Un jour, il rencontra deux serpents qui s’accouplaient et les tua. Il fut aussitôt changé en femme. Sept ans plus tard, il rencontra les mêmes serpents entrelacés et repris sa forme première. Pour avoir été dans son existence homme et femme, il fut choisi comme arbitre par Zeus et Héra qui se disputaient à propos de savoir lequel des deux, l’homme ou la femme, prenait le plus de plaisir. Sans hésiter, Tirésias répondit : « La femme ! sept fois plus de plaisir ! » ; Héra, qui n’avait pas aimé la réponse le frappa de Cécité (puisque de toute façon, il n’y voyait goutte !) Zeus, en compensation, lui accorda une vie sept fois plus longue que la normale et le don de divination —puisqu’il voyait si juste !—. Conseiller des Thébains, Tirésias révéla à Œdipe son involontaire et criminel inceste, prédit la guerre des sept chefs, déclara que Thèbes obtiendrait la victoire si Ménœcée, fils de Créon,  consentait à se sacrifier ; enfin il conseilla aux Épigones de conclure une armistice et de s’enfuir de la ville ; il partit avec eux. En chemin, poussé par la soif, il se désaltéra à la fontaine de Telphuse, et, comme l’eau était glacée, il en mourut. Il laissait une fille, la prophétesse Mantô. Toutefois, aux Enfers Tirésias ne perdit pas ses dons et conseilla Ulysse sur les meilleurs moyens de regagner sain et sauf sa patrie. Sa longue vie lui permit de se mêler à de nombreuses légendes, même fort éloignées les unes des autres dans le temps mythique.

.

[5] 1. Fils d’Ampyx et de la nymphe Chloris, ce Lapithe, l’un des plus célèbres devins de la mythologie grecque, mit ses dons au service des argonautes et des chasseurs de sanglier de Calydon. En Libye, il fut piqué par un serpent, né du sang qui avait coulé de la tête tranchée de Méduse ; il mourut en quelques instant. Les Argonautes l’enterrèrent avec tous les honneurs funèbres. 2. On connaît un autre Mopsos, fils d’Apollon et de Mantô, la fille de Tirésias, son père adoptif était l’Argien Rhacios. Fondateur de Colophon, Mopsos entra dans cette ville en compétition avec un autre devin, Calchas, de retour de Troie. Par deux fois, Mopsos eut raison de la science de son concurrent, qui, de honte, se tua. Après cette victoire, Mopsos et Amphilochos, qui avait lui aussi des dons de prophétie, fondèrent la ville de Mallos, en Cilicie. Resté un moment seul souverain, Mopsos vit revenir Amphilochos, qui réclama sa part du royaume. Un combat singulier s’engagea entre les deux héros et se termina par la mort de l’un et de l’autre.

.

[6] Descendant d’Apollon par son père Thestor, Calchas avait reçu de son divin ancêtre le don de prophétie. Il fut l’un des plus célèbres devins de la mythologie grecque, habile entre tous à prédire l’avenir par le vol des oiseaux. Il fut choisi par les Grecs comme devin officiel de leur guerre contre Troie. Il annonça la durée totale de l’expédition ; il conseilla le sacrifice d’Iphigénie pour apaiser la colère d’Artémis ; il révéla que Troie ne pourrait être prise sans le concours d’Achille et de Philoctète, possesseur de l’arc d’Héraclès. Il mit aussi un terme à la peste qui ravageait l’armée grecque en demandant à Agamemnon de rendre Chryséis à son père, Chrysès, prêtre d’Apollon. Il inspira également l’idée géniale de construire le fameux cheval de Troie. Á son retour, jeté sur les côtes d’Ionie, Calchas y rencontra un autre devin, Mopsos, qui se révéla plus expert encore que lui, et, comme le lui avait signifié un oracle, il en mourut de honte.

.

[7] Dans l’œuvre de Castaneda, le nagual Julian est le maître de don Juan. Sorcier aux pouvoirs incroyables, il reçut du « locataire » un grand nombres de positions du point d’assemblage ; il pouvait ainsi, à sa guise, se transformer en homme jeune, ou vieux, ou gros ou mince... Il pouvait être homme, femme, ou quantités d’animaux... Il ne déteste pas le fleuve !

.

[8] Dans l’œuvre de Castaneda, Talía est la femme Nagual du clan de don Juan. Unie à Castaneda par un lien d’amour indescriptible. (C’est elle qui fournit, entre autres, les livres de poésie, que Carlos cite, en veux-tu en voilà, et qui sont entassés dans le coffre de sa Coccinelle blanche...)

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