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LES SIRENES DU MISSISSIPI

                                   A Elsa, Mireille et Cathy

 

 

... Vagu’ en roulis... A flot de courant des vagu’ en roulis

... Au gré des effilades de l’austral alizé...

... Vagu’ en roulis... A flot de courant des vagu’ en roulis
Au gré des effilades de l’austral alizé, nous poussent les vagues en roulis ;
 
On dirait bien que tout est clair, évident,, pour qui se laisse bercer des effilades de l’austral alizé... Les caresses du vent qui s’insinue en nous,
 
Nous poussent au gré du courant doux. Au gré des courants des vagues en roulis, nous hissent et filent, ondulants, vifs et de biais, courant des effluves du fleuve tumultueux et de son éternel estuaire...
(C’est la nuit)
On dirait que tout est clair, évident, courant des caresses du vent.
 
Que la seule énergie qui voyage est celle consistant à améliorer l’ oeuvre de création naturelle qui évoluera encore chez nos petits-enfants,
 
Pendant qu’ils rêveront à leur jeunesse oisive...
 
Loin...
-En escale de son rêve éphémère....

Son vieux masque

était devenu

comme

visage

ensilencé.
 
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
 
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue .
   
Immuable dans sa durée... d’éternité...
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
Grain scintillant à la dune d’or...
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
Comme une astrale brindille d’étoile, météore
De la voûte illuminée d’étoiles, sous la lune où
En escale de son incessant rêve éphémère.
l’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...
 
 
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
 
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
 
 
Quand le
 
silence,
 
en nous
 
s’insi-
 
nuera...
 
Quand on
 
aura
 
fait taire
 
l’aura
 
de l’amarre
 
du bruit...
   
 
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
 
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
   
 
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
 
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
 
De la voûte illuminée d’étoiles ; sous la lune où
 
L’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,

l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme

même s’il ne savait plus, mama Lucy, comment le

pousse ou d’où vient le vent,

Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,

qui s’engouffre en dedans les esgourdes, le déferlement des lames de fond du terrible océan...

l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme

La vie...                                                          nous hisse !
 
De la voûte illuminée d’étoiles; voûte de grès...
 
L’océan, de ses lames d’argent, mouille le môle...

Le ciel illuminé sous la lune où...

L’océan

Le ciel, voûte de grès.

L’océan... se voue au vent... L’océan
 
...Vagues et vaguelettes... courant de l’austral alizé, roulent des hanches, —pour qui sait y faire en mélodie d’écume, immaculée...
 
Où les alizés doux les incitent au ballet de l’Esprit d’ici-bas...la dernière java de la vague avant de se fondre à jamais au plus profond de l’au-delà...
 

malgré les sables mouvants qui vivent de ci de là ; moere, ou renaître à jamais...

 
Au gré des marées
 
Au gré des marées immuables dans la durée.
 
Au gré des effilades de l’austral alizé...
 

Au gré des galets, du môle —en pierre de grès.

 

 

A la digue où voltigent les grains de sable...

 
A la digue ou vertige des grains de sable !
 
Une gigue ou voltige des grains de sable.
 
Les grains de sable ne se ressemblent pas ; ils lévitent dans le même tourbillon de vent au gré de l’austral alizé...
 

—Si le beau c’est déjà dans le cœur d’une vaguelette, et son collier d’écume scintille à la grève d’opale...

 
Si la vie la destine au rivage...
 
Si pour elle s’achève le périple en dedans les plaines d’argent des lames d’écume, s’ébauche son ultime ballet en dentelle d’ombre éphémère... Et même l’Hadès s’arrête pour la contempler.
 
Elle danse la vague, elle danse à la lune !
 
Elle danse pour l’Esprit, au seuil de la dune dorée...

En escalede son rêve éphémère...

 
Immuable dans sa durée,
Elle, dans son rassemblement de gouttelettes à la grève d’opale, elle danse !
En escale de son rêve éphémère...
oh oui !
 
Les plaines riches en terre arable aux abords de cet estuaire. Le fleuve et ses trois affluents, crépite comme cœur qui bat, et tant pis si elle sait plus d’où vient le vent, mama Lucy... Elle est face à l’Esprit  —telle frégate gréée, dans la brume et les vagu’ en roulis...
 
    Devant : Nérée [9] , Pontos [10] et Poséidon [11] , le tonnerre gronde !
 
Derrière, c’est abîme sur abîmes jusqu’au fond du Chaos et nébuleux Tartare.
 
Son ultime ballet d’aqua par de là le Chaos [12] ...
 
Qu’elle soit vague ou vaguelette ou goutte de pluie...
 
C’est abîme sur abîmes jusqu’au fond du Tartare [13] et Chaos.
 
C’est abîme sur abîmes jusqu’au bout du Chaos.
 
       C’est abîme de la voûte de grès, aux miettes de gouttes de verre des plages de l’au-delà de la dune dorée ; et c’est pourtant  l’essor d’une existence de vie crépitante comme cœur qui bat, comme vivante boue au sein de la terre arable qui Dieu merci existe pour que vive la vie !
 
La vie coule comme une source folle, d’abord comme un fin ruisselet, qui rit,
 
loin des lames d’écume et poursuit son périple au-delà des fertiles moeres...
 
A travers l’opacité de la voûte de grés, céleste —lâche du lest par delà les voiles de la voie lactée.
 
Par ici la vie ! Par ici la vie ! Par ici la vie qui coule douce... au gré du chant de l’austral alizé qui nous pousse vers une toute autre vie ou façon de la vivre...
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
Vol d’Icare [14] idoine aux plumes des menus colibris ; son vol de nuit  m’attire et m’enivre,  loin de l’amarre du bruit, puis se poursuit bien au-delà des rêves enfouis depuis la nuit des temps, qu’il n’était plus permis de s’en remettre à sWinguer au gré de la pierre de grès, mais se laisser couler des escarpés mâchicoulis-belvédères...
Son vieux masque 
était  devenu
            Errance aux couloirs de vent, dévie le fleuve et ses trois affluents, vers une toute autre vie ;
un visage.
je sais que d’ici quelques secondes, le monde sera meilleur de par ces notes qui déferlent en chœur d’albatros, idoine au vol des menus colibris
 
            qui volètent dessus la colonnade parsemée de myriades d’étoiles,, comme de la poussière d’or, qui floconne dans la caboche  du conteur des abords du fleuve de l’Oubangui...
 
Le souffle de l’Esprit.
LA PLUIE     LA PLUIE     LA PLUIE
 
De la voûte illuminée d’étoiles, sous la lune où
 
l’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...
 
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
 
Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
   
 
Seulement l’être seul et face à l’Esprit. Immuable.
 
Filament de lumière, câble, dedans l’immensité 
 
et devenir conteur aux abords de cet estuaire...
 
Le fleuve et ses trois affluents !
 
en escale de périple en son imaginaire...
   
 
Seulement l’être seul et face à l’Esprit, aux nuages,
 
aux fleurs sauvages  qui poussent –racines en l’air– 
 
Quand l’âme se laisse couler et des mâchicoulis !
 
Si l’huis de son cœur se hisse comme pont-levis...
 
L’essor de son imaginaire !
   
 
Lors...
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,
Des pics enneigés aux monts marins, le centre de la galaxie...
l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme...
il voulait revoir le pays de son enfance, avant de s’enfoncer plus avant dans la nuit.
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,
Et c’est le vent qui s’engouffre, simoun en poupe, en dedans les esgourdes de l’océan
l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme...
toujours à l’écoute de son imaginaire en escale de périple dedans l’inexploré... de l’être.
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,
En aval comme en amont, le monde s’était arrêté dans sa folle farandole de manière à ce  que Séléné [15] , l’astre lunaire,  nous berce confins de nos rêves inégalés,
l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme...
pour qui sait se laisser bercer des escarpés  mâchicoulis.
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,
Vol d’Icare idoine aux plumes des menus colibris ! Vers une toute autre vie ou façon de la vivre...
l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme...
Le fleuve et ses trois affluents. Même s’il s’attire à lui toute la foudre du firmament.
Si, l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend,
Sa barque : sorte d’ancestral caïque et clavier pirogue se lance, courant  des volutes de l’Oubangui...
l’Esprit descend, l’Esprit descend, l’Esprit descend dans son âme...
Courant des effluves du fleuve... Il faut œuvrer à lui rendre la vie ! Il faut œuvrer à lui rendre la vie ! A ce monde en déroute ! 
content...
Toutes mes toues chargées de mots,  s’échouent au banc de l’amarre du  bruit. Si l’Esprit invite à penser que toute pensée était à condamner, mais... 
contempler le fleuve... 
contempler le fleuve de ses sillons nébuleux...
 
contempler le fleuve doré
 
contempler.
Dés qu’on aura
Grain de sable à la grève d’opale, au vent se voue...
fait taire l’aura de l’amarre du bruit...Dés que le silence en nous s’insinue...
            Goutte d’eau dedans la terre arable, aussi vit la boue.
 
Autant
 
contempler le fleuve...contempler l’Oubangui au fil de l’innocence de ses câbles-sillons... contempler le  cours de la ride...contempler le fleuve d’argent... Ecouter le silence...Laisser venir ce monde Harmonie Où tous les espoirs demeurent vivants ! Pour que la vie revive...
 
 
Contempler l’Oubangui
 
pour y trouver l’harmonie...Traverser le silence en y cherchant la vie... (ou)
 
Contempler l’Oubangui
 
en y cherchant la vie...
 
Traverser le silence pour trouver l’harmonie, là.
 
TRAVERSER L’ORENOC  
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ
TRAVERSER L’OUBANGUI  
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ, Là... 
   
TRAVERSER L’ORENOC  
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ
TRAVERSER L’OUBANGUI  
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ, Là... 
   
 
TRAVERSER L’ORENOC
 
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ
 
TRAVERSER L’OUBANGUI
 
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ, Là... 
   
 
TRAVERSER L’ORENOC
 
TRAVERSER LE FLEUVE A GUÉ
 
TRAVERSER L’OUBANGUI
 
TRAVERSER LA MEUSE A GUÉ, Là... 
   
TRAVERSER
L’ORENOC
TRAVERSER
L’AUTRE CÔTE
TRAVERS...
VA VERS
TA VOIE...
 
            Puisque le rêve éphémère en escale dans son immuable durée, incite l’être à agir sans   jamais rien attendre en retour, si ce n’est les effluves et caresses du vent...
Quand la lune...  
Quand la force obscure dans la lune atteint sa plénitude, au moment même où elle parvient à son apogée, quand elle est majestueuse sous la voûte de jais où scintillent les étoiles,, dés le moment précis où elle a rassemblé la totalité de son être et qu’elle n’a pas son pareil pour être ronde et fière, en face de son soleil sitôt cette seconde, elle commence à décroître, jusqu’à n’être plus qu’une sombre tâche dans le noir de la voûte de jais. Une forme obscure, voilée dans l’ébène  du nébuleux cosmos... avant, dans son immuable durée,  de renaître... à jamais !
   
Et toi-même, scintillante étoile, astre qui brille dans le lointain... Tu es peut-être mort depuis une éternité, sans que nous le sachions... Nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi !
—Toi qui es encore présent !  
 
Travers de destin
 
d’astre, grain de poussière...
 
va vers son destin
 
de voler dans les airs !
 
 
D’est, Un d’attester
 
que les grains éphémères
 
sont astres légers
 
sous la voûte solaire.
   
Laisse l’Esprit d’ici
Va voir par ici...
t’emporter là...
Laisse-toi roucouler des
Va voir l’aut’ côté...
rochers escarpés,  
Falaises et des Mâchicoulis
Des astres   si...
T’emporter  là,au gré des courants d’alizé...  
Courant des gués
Les cristaux de l’eau
du fleuve au gré des
les retiennent à la rive,
courants d’alizé...
deviennent gouttes d’eau
Laisse l’Esprit d’ici
qui partent à la dérive...
t’emporter là...
—De l’aut’ côté !
  VA,  
VA DROIT VERS TA  VOIE !
et tant de risques encore
VA DROIT VERS TA  VOIE !
que j’ignore, ou feins d’ignorer, mais tant pis !
VA DROIT VERS TA VOIE !
Mon ami, il faut que je te dise :
VA VERS   TA  VOIE !
tout n’ira pas sans quelques tracas...
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Laisse-toi couler des escarpés mâchicoulis !
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Laisse venir l’humeur de la liberté...
VA VERS   TA  VOIE !
VA-Z-Y ! Porque... Porque no !
VA VERS   TA  VOIE !
Va-z-y ! Va là-bas !... Porque no !
 
Va-z-y ! Là ! Va-z-y ! 
 
Va-z-y ! Pour que les fleurs revivent... –racines en l’air–,Dans son chant des sirènes [16] aux abords de cet estuaire...
   
 
VA LÀ, dans la lumière nocturne où te poussent tes pas...
 
VA LÀ, dans la noirceur du jour, sur le pas de tes ailes...
  VA LÀ, vers les champs d’énergie  qui dépendent du ciel...
 
VA LÀ, il y a tant à connaître au fond de toi...
 
VA LÀ, dans le silence de toi-même !
 
VA LÀ, de l’autre côté.
   
Regarde tes pattes palmées comme elles s’embourbent dans la vie !
 
Ton plumage est  devenu du même gris que le gris des nuages ! Tu ressembleras bientôt à la poule d’eau du père Nikos [17]  : “Mieux vaut poule d’eau qui nage que moineau dans sa cage !” Disait-il, alors va, go !  
 
Va droit  dans l’azur au gré de l’austral inconnu !
 
 
Va au gré de la palette irisée, toile de l’univers...
 
Va au gré des cristaux de l’air et volutes du vent..
 
Va courant des effilades d’idéal alizé en dedans ce monde
 
enfoui depuis dix millénaires.
 
Va droit dans les airs !

VA DROIT  VERS  TA  VOIE !

Prends-toi l’essor de la liberté,  au gré des falaises des escarpés mâchicoulis belvédères !
VA                  DROIT   
   Vas-y !                                                           vers ta voie !

VA DROIT  VERS  TA  VOIE !

Laisse l’Esprit t’emporter courant des volutes du vent ! Pour qui sait y faire en astral périple imaginaire...
 
« Un oiseau solitaire doit remplir cinq conditions :
 
 
D’abord voler au plus haut ;
ensuite ne point tolérer de compagnie,
 
Même celle des siens ;
 
puis pointer le bec vers les cieux,
 
Et ne pas avoir de couleur définie ;
 
 Et puis alors... chanter tout doucement... »
   
 
Mouvement des ailes en vol...
 
Filaments de lumière
 
lucioles de l’âme en
 
diagonales traverses
 
gorgées de conscience.
 
La bouche ouverte,
 
Le bec à la renverse,
 
en quête du Ne-pas-faire
 
de voler dans les airs...
 
Voyage immobile !
 
Merveilleux périple du lit
 
de ficelles au lieu de prédilection...
 
Les ailes en direction sud est.
 
Et chanter, chanter
 
tout doucement.
 
Que s’ouvre
 
la voie au gré de l’alizé ;
 
Sans couleur bien définie
 
ni point de compagnie
 
—pas même celle des siens !
 
Courant du lien qui
 
nous unit à l’Esprit
 
qui, de l’aurore à l’aube qui suit,
 
maintient le monde,
 
des plus hautes montagnes
 
aux fleuves dorés...
 
Jusqu’aux océans,
 
la vaguelette et l’astre éphémère, le vent
 
qui nous hisse des ailes,
 
des falaises en pierre de grès
 
vers son altesse, rouge carmin,
 
s’éveillant au levant.
 
 
Je suis un grain de poussière...
 
Mais je suis !
 
I ! J’existe !
 
Et si c’est pour finir par mourir,
 
que ce soit en guerrier qui résiste,
 
en grain du sable au gré du vent...
 
Oui, j’aime tellement mieux mourir
 
VIVANT !
 
Que la mort me tape sur l’épaule gauche afin de me pousser au lieu de prédilection. Par de là le Chaos de l’antre du néant... Que je danse tant que je vis, que mes ailes me portent !
 
puis, frôlent les vagues en roulis !
   
 
Que la houle me soûle !
 
—sous l’écume qui crépite en coulis de nuage !
 
Pour que mon cœur d’ermite
 
existe !
VA VERS  TA  MORT
Et saccadé, volette Apollon-Silène, dans l’azur égéen
 
La femme Nagual aux mille reflets comme
VA VERS  TA  MORT
Des filaments d’or.
 
Tous les combats qu’on a gagnés, entremêlés de nos défaites,
 
sont les postures des mouvements de la danse, de la dernière résistance du guerrier —qui, de son Esprit impeccable, récapitule.
 
Ses gestes racontent ses peines, mais également sa joie...
 
Incommensurable lorsque devant l’astre en éveil,
 
il s’est émerveillé...
 
saccades de flux qui ondule...
 
—Sa dernière occasion de se réjouir ! 
 
Alors sa mort lui montrera le sud... L’immensité.
 
Et sa prairie tremblera quand il regardera le soleil...
C’est pas Dieu qui punit
Car jamais plus, éveillé ou rêvant, il ne le reverra.
l’arbre avec l’hiver...
C’est pas Dieu qui
Travers de destin
le récompense
d’astre, grain de poussière...
au printemps...
va vers son destin
C’est l’Esprit
de voler dans les airs !
qui veille à
D’est, Un d’attester
ce que dans chaque
que les grains éphémères
âme de pauvre hère
sont astres légers
erre, la continuité...
sous la voûte solaire.
de son rêve éphémère. 
Compte pas sur moi
 
pour respecter les règles.
 
Car je m’en vais de ce pas
 
vous conter l’histoire de ce conteur,
 
et jour de marché...
 
Il se nomme :« MOINEAU » !
 
Il commence par ôter son chapeau,
 
le fait tournoyer dans les airs, en regardant vers l’est,
 
puis de le poser délicatement  par terre, en veillant à lui faire faire un tour circulaire à trois cent soixante
 
degrés, dans le sens inverse des aiguilles de la montre
 
Pour signifier que c’est l’Esprit qui, seul, mène la danse.
...D’après les dates
Il s’adresse à la populace en délire, en ces termes concis :
mémorables
« Señora, Señorita, Señor
Calixto Muni
¡ Voici la véridique histoire de Calixto Muni [18]
fut trahi.
le rédempteur ! ¡ Il a libéré sa ville de Sonora !
Il a été
(du naze conquistador...)
arrêté... Livré
 ¡ Plus de haine, plus de profit ! ¡ Seulement, la joie ! ¡ Plus que la vie !
aux bourreaux...
Plus de viol, plus de meurtre, juste des hommes qui se respectent.
Il fut écartelé
Plus de pillage systématique de nos richesses.
entre quatre chevaux.
¡ Gloire à Calixto Muni !
Ils ont  jeté
Jette bien ce que je vais te dire au fond de ton Esprit, l’ami :
ses restes aux
l’homme est seul maître de sa destinée. 
chiens errants
Toi, tu dis qu’il est mort... Mais moi je te le dis :
Pour qu’il n’ait point
¡ En vérité, Calixto Muni vit ! »
de sépulture... Comme si jamais il n’avait existé.
Son but a transcendé
Et pourtant...Pourtant...
sa propre personne.
De l’autre côté, au gré de la rive...
Lorsque résonnent en nous 
Du saut périlleux dans l’inimaginable...
Les sirènes de de l’autre côté...
Au gré de la rive où siègent les sirènes...
Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !
Lorsque les sirènes résonnent  en nous
Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

De l’autre côté du fleuve doré, tout deviendra possible !

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui pousse en nous, maîtresse de la raison.

Comme une fleur ouverte au gré de la rive...

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

Herbes errantes et fleurs en liberté, nous pousseront en paix...

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui traque en nous, maîtresse de la raison.

 

Par petits bonds successifs,

         les poissons qu’il venait de pêcher

         s’en retournaient tout seul à l’eau...

         Comme si force étrangère à la raison,

         en soutenait le retour vers les flots.

         Glaucos y vit là injonction

         de Zeus [19] père et qui brandit l’égide,

         et plongea tout son être

         courant des pâtures océanes.

         Purifié par Thétis [20] et les Néréides [21] ,

         Glaucos devint semblable à Triton [22] , Au fil des lames d’argent.

         Il apparaissait une fois l’an

         aux matelots des nefs bien charpentées...

         Sa chevelure est d’écume, sa barbe de vagues,

  ses habits sont des algues qui flottent par-dessus sa queue de poisson,

         d’arêtes et d’écailles...

         Il rendait des oracles semblables à ceux du divin Apollon.

         Lorsque le vent s’élève, bleu sombre est la mer de ses vagues en roulis.

 

         Fils de Sisyphe [23] , et petit-fils d’Éole [24] ,

         un autre Glaucos était le roi d’Ephyre [25] ...

         Il eut pour fils Bellérophon [26] , mon pote.

         Bellérophon, béni des Dieux, Bellérophon au regard impétueux.

         Athéna [27] , la Divine aux yeux pers, lui fit don de bribes en or,

         grâce auxquelles il parvint à dompter Pégase, le cheval ailé.

         Pégase [28]   (autant que Chrysaor, son frère) naquit d’une goutte de sang

         de la tête à Méduse [29]

  -La terrible gorgone [30] , à la chevelure mouvante de serpents lovés ;

  te pétrifie le premier qui ose poser son doux regard sur sa face de chienne...

         Persée [31] la lui avait tranchée, pourtant... Mais sans directement la regarder ;

         suivait l’image au bouclier luisant que lui tendait Pallas aux yeux pers.

Athéna qui fit à Bellérophon, don de bribes en or, grâce auxquelles il parvint à dompter Pégase, le cheval ailé.

 

         (L’avenir est dans ton dos,

         seul le passé s’offre à ton doux regard [32] .

         car tu marches à reculons

         sur le chemin de ta destinée ;

         inquiet, trébuchant, hagard.)

 

         Pégase de son crin blanc neige, fend l’azur de ses ailes de lait,

en quête de source dont l’eau claire est bonne à boire aux guerriers

         —dont les exploits résonnent dans la plaine... Comme aux vieillards aux moult

souvenirs, comme aux enfants qui naissent sitôt que l’Aurore [33] , matineuse,

 aux doigts de roses, n’effeuillent les fleurs de son aura magique...

         Pégase vécut, recherchant les fontaines,

et de la trace de son sabot la terre s’entrouvre fleurie.

Pégase découvre la source d’Hippocrène [34] ,  où, suivant le divin Apollon,

Les Muses manient

 le poète de mille pensers harmonieux…

 

         Bellérophon  montant Pégase, triomphe de la Chimère [35]

Issue d’un tourbillon de vent, tout venin de vipère...

Sa tête est celle d’un lion ; sa queue, d’un dragon.

Bellérophon triomphe de la Chimère, de la peuplade des Solymes

                                               Et leurs alliées, les Amazones [36] ...

 

         Mais alors, il se prend pour un Dieu, ce mortel intrépide au regard impétueux.

et chevauchant sa divine monture,  il s’élance  vers le mont de l’Olympe...

C’est là que Zeus, le désarçonne, le jette à terre, l’envoie bouler.

“Devenu odieux à tous les immortels, il erra dans la plaine d’Alée,

le cœur consumé de chagrin, seul, fuyant les sentiers des hommes...”

         (Silence  + Applaus)

Pégase, comme chacun le sait,

devint constellation d’étoiles

au lac de la voûte de grès...

pour qui sait y faire en mélodie

d’écume immaculée...

Nous qui sommes des résidus,

des cendres, des fragments de toi ;

toi qui es encore présent...

Qui brille dans la nuit,

Immuable dans ta durée...

Dés qu’on aura  
fait taire l’aura  
de l’amarre  
du bruit
... (ou du vent)
Dés que  
le silence  
en nous  
s’insinue…
L’océan,
Dés qu’on aura
sous le vent...
fait taire l’aura
L’océan..
de l’amarre
Qui se voue,
du bruit
au vent doux,
Dés que
sous la voûte...
le silence
Une goutte
en nous
à l’écoute...
s’insinuera...  
De la voûte illuminée d’étoiles, sous la lune où
            l’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...
   
Seulement l’être seul et face à l’Esprit. Immuable.
Filament de lumière, câble, dedans l’immensité 
et devenir conteur aux abords de cet estuaire...
Le fleuve et ses trois affluents !
en escale de périple en son imaginaire...
   
Seulement l’être seul et face à l’Esprit, aux nuages,
aux fleurs sauvages  qui poussent —racines en l’air... 
Quand l’âme se laisse couler et des mâchicoulis !
Si l’huis de son cœur se hisse comme pont-levis...
  L’essor de son imaginaire !
 
 
Villers-La-Ville, mai 2000

 


 

[9] Ce très ancien dieu marin de la mythologie grecque, antérieur à Poséidon, se distingue du grand dieu de la Mer par son caractère à la fois juste, sage et pacifique. Fils de Pontos et de Gaia, époux de l’Océanide Doris et père de cinquante Néréides, Nérée est figuré sous les traits d’un vieillard dont l’image apparaît sur la mer, dans les rides des eaux, parmi l’écume immaculée des flots bouillonnants. Son empire s’étend particulièrement sur les ondes de la mer Égée. Il y demeure au fond d’une grotte éclatante de lumière. Mais il sort souvent de son refuge fastueux pour se manifester aux yeux des mortels et leur prédire l’avenir. C’est ainsi qu’il indiqua à Héraclès le chemin qui le mènerait au jardin des Hespérides. C’est lui aussi qui avertit Pâris des malheurs qui menaceraient sa patrie si Hélène était ravie aux siens.

 

[10] Mentionné par Hésiode, Pontos est la personnification de la Mer —de ses flots comme de ses abîmes. Il a été enfanté par Gaia, s’est uni ensuite à sa mère, qui donna, de ce fait, naissance aux forces multiples de l’Océan : Nérée, Céto, Thaumas. Toutefois Pontos n’est le sujet d’aucune œuvre d’art et on ne lui connaît aucune légende propre. Pour les anciens, son nom désignait seulement la mer Noire.

 

[11] Fils de Cronos et de Rhéa, l’une des douze grandes divinités de l’Olympe (les autres sont : Zeus, Héra, Apollon, Héphaïstos, Hermès, Arès, Artémis, Athéna, Hestia, Aphrodite et Déméter), dieu de la Méditerranée, fut élevé par les Telchines. Célèbre, comme tous les dieux grecs de l’Olympe, par ses amours avec les immortelles, telles Déméter ou Amphitrite, son épouse légitime, ou même avec des monstres comme Méduse, il engendra surtout des créatures néfastes, tels les Cercopes, les Aloades, Chrysaor ou le cyclope Polyphème. Il se mêla souvent des affaires des mortels ; avec Apollon, il participa à la construction des murailles de Troie ; il chercha en vain à ravir à Athéna la suprématie sur l’Attique, et, furieux d’avoir été joué, il frappa de son trident la roche de l’Acropole d’Athènes, qui en portait encore la trace à l’époque historique. Il disputa sans succès à Hélios la ville de Corinthe et à Héra celle d’Argos. Au cours de la guerre de Troie, il prit le parti des Grecs, par rancune contre les Troyens, qui ne s’étaient pas acquittés de leur dette  lorsqu’il construisit leur mur. Il consentit cependant à protéger Énée, en le dérobant à la vue d’Achille, qui s’apprêtait à le tuer.

Dieu des tremblements de terre et dieu des éléments liquides, dont la représentation la plus impressionnante est la mer dans son immensité et sa puissance sauvage, Poséidon réside au fond des eaux. Parfois, il sort de son palais sur un char attelé de chevaux aux couleurs d’algues et d’écume, pour diriger les mouvements des flots, apaiser ou susciter les tempêtes, en frappant la mer de son trident ou en hurlant des ordres de son énorme et profonde voix. Les marins le vénèrent et l’implorent afin d’obtenir une bonne traversée. Son pouvoir s’étend non seulement sur l’élément marin mais aussi sur les eaux douces et les nymphes ; ainsi, il concourt, en dissipant l’humidité, à la fertilité des champs et il est souvent considéré comme une divinité agraire.

 

[12] Le Chaos n’est pas un dieu, mais un principe ; celui du commencement confus de toute chose, l’image de ce qui existait avant les dieux, avant les mortels et d’où tout est issu. Il engendra l’Érèbe et la nuit. Puis de sa masse enchevêtrée surgirent le Jour et l’Éther, avec le jaillissement de la lumière indispensable à l’éclosion de la vie.

 

[13] Dans l’Iliade, Tartare est le lieu souterrain, fond des Enfers, que sépare de la surface du sol une distance égale à l’espace qui s’étend entre la Terre et le Ciel. Abîme insondable, obscur, qu’entoure un triple rempart d’airain, il est la prison des dieux de la première génération —vaincus par Zeus— des Titans, des Géants, de toutes les autres divinités qui ont enfreint les lois olympiennes. Les dieux pris en faute encourent sans cesse la menace de s’y voir précipités. Le Tartare constitue le fond de toutes choses, au-delà duquel il n’existe plus rien. Les poètes latins en ont fait l’expression même des Enfers : un lieu étouffant, situé au fond d’un abîme tel que les coupables, qui y sont l’objet d’un châtiment éternel, ne sauraient s’en échapper.

 

[14] Fils de Dédale et d’une esclave crétoise du roi Minos, Icare se trouve enfermé avec son père dans le labyrinthe. Tous deux purent s’y échapper grâce aux ailes que Dédale fabriqua et qu’ils attachèrent sur leurs épaules avec de la cire. Avant qu’ils ne prissent leur envol, Dédale recommanda à son fils de ne pas s’approcher du soleil ; mais Icare, dans son ivresse de pouvoir voler, s’éleva toujours plus haut dans les airs, tant et si bien que les rayons du soleil firent fondre la cire. Les ailes se détachèrent et l’infortuné sombra dans la mer qui, depuis, porte son nom.

                Histoire du mythe

Icare est le plus souvent associé à son père Dédale. Deux thèmes ont particulièrement retenu l’attention des artistes : La chute d’Icare (Blondel, Breughel l’Ancien, Rubens, le Tintoret, Rodin) et Dédale attachant les ailes d’Icare (Donatello, Canova, Saraceni, Fetti...) Malgré cette relative pauvreté de la postérité littéraire du personnage, la figure d’Icare jouit d’une grande notoriété. Métamorphose de la morale, elle traverse furtivement —car la référence est loin d’être toujours explicite—, bon nombre de textes. Deux interprétations de l’aventure d’Icare peuvent être dégagées. Dans un sens péjoratif, il représente ces hommes qui certes s’élèvent, mais, ne pouvant rester à la hauteur, retombent d’autant plus lourdement. En un sens plus positif, Icare est l’aventurier en quête d’absolu, qui tombe, victime de sa témérité.

 

[15] Fille d’Hypérion et de Théia, sœur d’Hélios, Séléné personnifie la déesse Lune, qui, dans le ciel grec, luit d’un si grand éclat. Elle a les traits d’une jeune femme au visage d’une blancheur éclatante qui fait pâlir tous les astres lorsqu’elle parcourt les cieux sur un char d’argent. On ne compte plus ses amours, les uns avec Zeus, les autres avec Pan, qui la séduisit et l’attira dans les forêts en lui faisant don d’une toison d’une lumineuse blancheur. Mais sa passion la plus justement célèbre reste celle qu’elle éprouva pour le berger Endymion, qui avait demandé aux dieux de lui accorder l’immortalité, quitte à rester plongé dans un sommeil sans fin. Chaque nuit, Séléné visite son amant immobile et le caresse de ses rayons d’argent. Elle reste la plus convoitée des déesses. Á chacune de ses éclipses, un dragon s’apprête à la dévorer. Des magiciennes de Thessalie sont chargées de faire peur au monstre, afin de l’empêcher d’accomplir son funeste repas.

 

[16] Sur ces divinités qui hantent la mer, sur leur origine, ni les auteurs grecs ni les écrivains latins ne sont d’accord. Au nombre de deux ou de trois, portant des noms divers parmi lesquels on peut citer Parthénopé, Leucosia et Ligia, elles étaient fille d’Achéloos et de Terpsichore, Melpomène ou Phorcys. Elles ressemblaient à de grands oiseaux à tête de femme. Demeurant à l’ouest de la Sicile, elles passaient pour des musiciennes incomparables, dont le chant magique attirait sur des récifs les navigateurs dont elles faisaient pâture. Pourtant deux héros résistèrent à leur charme fatal : Orphée, tirant de sa lyre des accents mélodieux qui l’emportaient sur la musique des Sirènes, réussit à détourner des mortels écueils les matelots embarqués sur l’Argo avec lui et Jason. Ulysse boucha, avec de la cire, les oreilles de ses compagnons et se fit attacher au mât de son navire, pour pouvoir satisfaire sa curiosité sans risque de succomber aux charmes des redoutables chanteuses. Comme un devin avait prédit qu’elles cesseraient de vivre si quelqu’un pouvait ouïr leur chant sans en devenir victime, les Sirènes se précipitèrent dans la mer, où elles furent changées en rochers.

 

[17] Nikos Kazantzaki

 

[18] Calixto Muni, dixit Castaneda dans « La descente de l’esprit » de « La force du silence », était un Indien Yaqui qui, selon les dates mémorables, avait servi plusieurs années sur un navire boucanier dans la mer Caraïbe pour apprendre la stratégie de la guerre. Il revint ensuite dans sa ville natale de Sonora, réussit à déclencher un soulèvement contre les Espagnols et ne déclara la guerre d’indépendance que pour être trahi, capturé et exécuté.

 

[19] Celui qui s’assura la prééminence sur tous les dieux de la mythologie grecque, ne fut à l’origine qu’un dieu un peu plus redoutable que les autres. Seuls des siècles d’histoire, de mythes et de traditions diverses le consacrèrent premier des dieux. Adorant des dieux multiples, s’ignorant souvent les uns des autres, les peuples des cités grecques, séparés autant par les destinées géographiques que par les incertitudes de l’histoire, n’eurent que fort tard le sens de l’unité divine indispensable à l’élaboration d’une hiérarchie entre les dieux, au sommet de laquelle Zeus finit par s’imposer.

Á l’origine, Zeus était le dieu des phénomènes atmosphériques, celui qui éclaire le ciel, le couvre de nuages, dispense sur la terre pluie et neige, lance des éclairs et fait rouler le tonnerre (on disait même, en une contraction tout à fait significative : « Zeus pleut ou Zeus tonne »). Pourtant, dans un pays comme la Grèce, où l’agriculture prédomine, ce pouvoir étroit d’un dieu sur des éléments incontrôlés, dispensateur des fléaux ou de la fertilité, prenait déjà une importance de tout premier plan. Avec Homère, puis Hésiode, Zeus acquit peu à peu sa personnalité définitive. Homère le définit comme le premier des dieux et le souverain suprême des mortels aux actions desquels il se mêle. Hésiode, de son côté, contribua à accentuer la primauté de Zeus en lui accordant une généalogie et des mythes. Fils de Cronos et de Rhéa, Zeus fut sauvé de la gloutonnerie infanticide de son père par sa mère, qui le confia aux corybantes, aux Curètes et à la chèvre Amalthée. Parvenu à l’âge adulte, il fit restituer à son père ses frères et sœurs que celui-ci avait dévoré : Poséidon, Hadès, Hestia, Déméter, Héra ; puis, ayant délivrés les Cyclopes et les Hécatonchires, il prit la succession de Cronos, non sans avoir soutenu une lutte effroyable contre les Géants révoltés, pour asseoir d’une manière définitive sa souveraineté sur les dieux. Zeus songea alors à assurer sa postérité : il épousa successivement Métis (l’Intelligence) dont il eut Athéna ; Thémis, la mère des Moires ; Déméter, sa sœur, mère de Perséphone ; Mnémosyne, mère des Muses ; Aphrodite, mère des Grâces ; Léto, mère d’Apollon et d’Artémis et enfin Héra qui resta son épouse légitime et lui donna Hébé, Arès et Héphaïstos [du moins c’est ce que raconte le dictionnaire... Hésiode, dans sa Théogonie, nous dit qu’Héphaïstos est né de la seule Héra, et qu’Athéna est née du seul Zeus (après qu’il eut toutefois mangé Métis)]. Zeus eut en outre d’innombrables aventures avec les mortelles, qui mirent au monde la race des héros et des demi-dieux. Il assurait ainsi entre les dieux et les hommes une sorte de hiérarchie dont son pouvoir tirait bénéfice. Aussi, après les fluctuations et les transformations d’une terre en pleine création, après les luttes entre les dieux primordiaux et l’anarchie qui en était la conséquence, Zeus apparut comme l’image de l’apaisement, de l’ordre, de la sagesse et de la justice. En effet, les règles qu’il élabora pour les cieux et les dieux, Zeus les établit également dans les sociétés terrestres. Les rois désormais, gouvernèrent les cités et les peuples. Tous lui durent des comptes. Zeus put s’arroger les deux titres enviés de « père des dieux » et de « père des hommes ». Il fut consacré comme le dieu universel, possesseur de tous les biens célestes et terrestres. De lui tout procède : il porte des épithètes et des surnoms innombrables, qui tous, indiquent les fonctions où les localités où il est honoré. Il trône en majesté, entouré de ses attributs ordinaires et souverains : l’aigle, la foudre et la victoire... Tel le représente la célèbre statue de Zeus olympien de Phidias, qui lui donne pour toujours cette grandeur suprême dont il est le seul parmi les dieux et les hommes à posséder la marque.

 

[20] Fille de Nérée et de Doris, Thétis est sans doute la plus célèbre des Néréides de la mythologie grecque. Elle se signala dés son plus jeune âge par sa douceur et son sens de l’hospitalité. Elle accueillit Héphaïstos, précipité du haut de l’Olympe par Zeus courroucé. Elle n’accepta pas d’épouser Zeus, car elle ne voulait pas affliger Héra, qui avait été sa nourrice. Mais on dit aussi, à ce propos, que Poséidon et Zeus délaissèrent Thétis quand ils apprirent de Thémis que la Néréide donnerait le jour à un fils plus puissant que son père. Pélée, un mortel, put ainsi épouser la divinité marine, qui, pour lui échapper, avait pris toutes les formes possibles, mais qui, finalement, avait dû se soumettre. Les noces de Thétis et de Pélée furent honorées par la présence de tous les dieux, qui apportèrent un cadeau. Mais la déesse Discorde, qui n’avait pas été conviée, jeta dans la joyeuse assemblée sa fameuse pomme, origine de nombreux maux (la guerre de Troie notamment). De Pélée, Thétis eut un fils, le grand Achille, qu’elle éleva avec amour. Pour le rendre insensible à toute blessure, elle le plongea dans le Styx. Comme elle le tenait par le talon, celui-ci resta seul vulnérable. Elle chercha à le soustraire à la guerre de Troie et le cacha à la cour de Lycomède, roi de Scyros. Elle voulut également lui éviter des coups mortels en lui offrant une armure forgée par Héphaïstos. Elle lui conseilla enfin de ne pas combattre, mais en vain. Son fils mort, elle reporta son affection sur Néoptolème, son petit-fils, et lui sauva la vie en lui demandant de ne pas regagner tout de suite sa patrie après la chute de Troie. Ainsi Néoptolème échappa à la grande tempête qui détruisit la flotte grecque.

 

[21] Divinités marines, filles de Nérée et de Doris, les cinquante néréides étaient en quelque sorte les nymphes de la Méditerranée. Elles habitaient le fond de la mer, dans un palais lumineux et divertissaient leur père par leurs chants et leurs danses. Mais, personnifiant chacune une forme, un aspect particulier de la surface des eaux, elles y apparaissaient souvent et, magnifiques créatures, mi-femmes mi-poissons, se mêlaient aux vagues et aux algues en chevauchant des Tritons ou des chevaux marins. On leur attribue peu de légendes. Cependant, certaines d’entre elles furent célèbres, témoin Amphitrite, épouse de Poséidon, Orithye, Galathée, Thétis, épouse de Pélée et mère d’Achille.

 

[22] Ce dieu, primitivement étranger à la Grèce, fut adoré par les marins et reçut ensuite un culte et une légende. Il avait pour demeure la mer toute entière, car il y était né de l’union de la Néréide Amphitrite et du dieu de toutes les eaux des océans, Poséidon. Il a des apparences diverses, mais on le représente généralement comme un homme dont le corps se termine par deux énormes queues de poisson. Á la fois bienveillant et terrible, il souffle dans une énorme conque marine, qui mugit au cours des tempêtes. Les marins le vénèrent surtout comme un dieu qui apaise les flots déchaînés et comme un intermédiaire entre eux et Poséidon. Il indiqua aux Argonautes la bonne route, rappela à lui les eaux du Déluge et calma la tourmente suscitée par Héra contre le troyen Énée.

 

[23] Ce roi grec de Corinthe, Fils d’Eole, épousa la Pléiade Mérope ; il eut pour fils Bellérophon. Il est surtout connu dans la légende pour la peine qui lui fut infligée dans les Enfers : condamné à rouler une pierre jusqu’au sommet d’une montagne, il ne pouvait jamais parvenir à son but, et l’énorme bloc retombait toujours. L’infortuné était contraint de recommencer éternellement son travail. Les mythographes antiques ne s’accordent pas sur les motifs d’un tel châtiment. Selon les uns, il fut un roi ambitieux et hypocrite qui dévasta l’Attique et fut finalement tué par Thésée ; pour d’autres, il n’est qu’un dénonciateur qui aurait révélé au dieu-fleuve Asôpos que sa fille Égine avait été enlevée par Zeus ; à moins, assurent d’autres encore, qu’il ait commis le sacrilège d’instruire les hommes sur des mystères divins ; irrité par tous ces méfaits, Zeus envoya Thanatos, la Mort, auprès du roi de Corinthe, mais Sisyphe parvient à l’enchaîner, et l’empire des Morts se dépeupla peu à peu jusqu’au jour où Zeus lui-même força le héros à délivrer Thanatos. Transporté dans l’Hadès, Sisyphe réussit à s’en échapper et vécut encore de longues années, avant d’être enfin puni de ses crimes. En lui attribuant aux Enfers un labeur énorme et sans fin, les dieux interdisent ainsi à Sisyphe tout loisir de penser à de nouvelles évasions ou a de nouveaux forfaits.

 

[24] On connaît sous ce nom divers dieux et héros Grecs. L’un, fils d’Hellen et de la nymphe Orséis, est considéré comme le père des éoliens, qui forment une des branches de la nation grecque. Ses enfants furent, dit-on, nombreux. Pourtant, la légende la plus ancienne ne mentionne que quatre de ses fils : Sisyphe, Athamas, Créthée et Salmonée. Un autre Eole est le petit-fils d’Hellen. Mais le plus fameux parmi les Eole n’est autre que le dieu des vents, fils de Poséidon. Il règne sur ses tumultueux sujets, enfermés dans une caverne des îles Éolienne ou retenus prisonniers dans des outres. Il ne leur donne leur essor que sur l’ordre de Zeus. S’il lui arrive de désobéir au maître suprême et de libérer les vents, sans y avoir été convié, il déchaîne les désastres, les tempêtes et les naufrages. Par ailleurs, il figure dans le cycle homérique. Il reçut avec bienveillance Ulysse et lui remit les outres dont il avait la garde. Une seule d’entre elles contenait le vent qui devait pousser sans ambages le héros vers sa patrie. Mais en pleine mer, les compagnons d’Ulysse ouvrirent tous les récipients, pensant qu’ils contenaient du vin. Par ce geste malheureux et inconsidéré, ils provoquèrent une monstrueuse tempête, qui jeta le navire d’Ulysse sur les côtes proches. L’estimant maudit par les dieux, Eole abandonna le héros à son sort.

 

[25] La future Corinthe

 

[26]   Fils de Glaucos et petit-fils de Sisyphe, Bellérophon dans sa jeunesse tua le tyran de Corinthe, Belléros. Banni de la cité pour ce crime, il s'exila chez Proétos, roi de Tirynthe, qui le purifia de son meurtre. Mais Sthénébée, l'épouse de Proétos, s'éprit du héros, qui la repoussa avec dédain. Dépitée, le reine l'accusa de tentative de viol : le roi la crut ; ne voulant toutefois pas tuer son hôte de sa main en raison des lois sacrées de l'hospitalité, il préféra charger son beau-frère Iobatès, roi de Lycie, de cette besogne, et il lui envoya Bellérophon avec l'ordre de le tuer. Or, Iobatès, tout comme Proétos et pour les mêmes motifs, n'osa pas lever la main sur le héros ; il lui demanda un certain nombre de services tous plus dangereux les uns que les autres. Bellérophon s'acquitta de tous avec zèle. Il réussit à dompter le cheval Pégase, grâce à des brides magiques offertes par Athéna. Il tua la Chimère. Il vainquit le peuple sauvage des Solymes et leurs alliées, les Amazones. Enfin, il mit un terme, par un massacre général, aux agissements d'une bande de pirates qui infestaient les côtes de Carie. Nullement reconnaissant de ces victoires, Iobatès monta une embuscade contre le héros. Or, les Lyciens furent tous tués jusqu'au dernier.

Comprenant enfin que Bellérophon était protégé par les dieux et sans doute d'origine divine, Iobatès fit amende honorable, lui accorda la main de sa fille Philonoé, et, à sa mort, lui légua le trône de Lycie. Mais le héros, grisé par ses exploits, ne sut pas s'arrêter dans les limites décentes que les dieux impartissent aux humains. Monté sur le cheval Pégase, il voulut gagner l'Olympe et devenir immortel. Foudroyé par Zeus et désarçonné, il retomba sur Terre, et se tua ; selon une autre version, il ne mourut pas, mais il erra par le monde, boiteux, solitaire et aveugle.

 

[27] Alors qu’elle était enceinte d’Athéna, la déesse Métis fut avalée par Zeus, son amant, qui craignait que l’enfant qu’elle portait ne la détrônât. Mais le dieu sentit bientôt les douleurs d’un violent mal de tête. Héphaïstos lui fendit le crâne d’un coup de hache. Athéna sortit de la déchirure de sa tempe, tout armée et casquée, en poussant un immense cri de guerre. La déesse, l’une des douze divinités de l’Olympe, devait être mêlée, de près ou de loin, à la plupart des grands récits cosmogoniques. Douée d’une noble raison, ayant acquis de sa mère le sens de la sagesse, elle devint, en effet, pour les dieux, une précieuse conseillère et les aida, en particulier, à vaincre les Géants. Cependant, elle n’hésita pas à disputer à Poséidon la possession de l’Attique. Tandis que le dieu frappait l’Acropole de son trident et en faisait jaillir un splendide coursier ou, disent d’autres versions, un lac salé, la déesse offrait aux habitants du pays un olivier, symbole de la paix et aussi de richesse. Ces derniers jugèrent que l’arbre leur serait plus utile que le cheval et choisirent finalement Athéna pour protectrice. On verra la déesse protéger sans relâche les grands héros de l’Attique et la plupart des chefs grecs au cours de la guerre de Troie. Bientôt les attributions d’Athéna se développèrent et se multiplièrent. Elle ne fut plus seulement la chaste déesse qui priva Tirésias de la vue parce que le devin avait osé la regarder se baigner (voir note 4 : autre version de la cécité du devin), ou qui fit chasser de l’Olympe Héphaïstos, coupable d’avoir attenté à son honneur ; elle ne fut pas uniquement la déesse de la Guerre portant la cuirasse, l’égide, la lance d’or, le bouclier, où surgissait la tête de Méduse, telle, en somme, que la représentait le Palladion : elle devint la protectrice de l’état, la déesse qui garantit l’équité des lois, leur juste application, tant devant les tribunaux que dans les assemblées. Mais la loi seule ne peut suffire à assurer la pérennité d’un état, d’un peuple : celle-ci doit également provenir de la prospérité du pays. Aussi Athéna veille, avec une particulière bienveillance, sur l’agriculture. Elle a inventé, pour la commodité des hommes, les instruments aratoires, qui permirent à la terre attique de fournir un meilleur rendement. En outre, la déesse protège chaque famille, veille sur l’entente et la chasteté des époux, sur l’honneur du foyer et la santé de quiconque (« Athéna Hygieia ») Par l’influence heureuse de sa raison et de sa pensée réfléchie et subtile, Athéna apporte aux lettres et aux arts, l’énergie et l’inspiration nécessaires à un rayonnement spirituel étendu et constant. Il s’ensuit que cette divinité apparaît bien comme le symbole divin de la civilisation grecque, qui par sa force guerrière, par son intelligence, sa sagesse, la modération de ses mœurs et la beauté étudiée de ses monuments artistiques et littéraires a su imposer sa domination sur le monde. Plus tard, les Romains l’ont identifiée avec Minerve.

 

[28] Ce cheval ailé et magique, aussi rapide que le vent naquit du sang de Méduse, lorsqu’elle eut la tête tranchée par Persée. Il vécut, recherchant les fontaines. D’un coup de sabot sur l’Hélicon, il donna naissance, dit-on, à la source d’Hippocrène. Un jour qu’il s’abreuvait à la source de Pirène, sur l’Acrocorinthe, il fut dompté par Bellérophon. Ce dernier monté sur le miraculeux coursier, multiplia les grandes prouesses. Il vainquit en particulier la Chimère. Mais l’orgueil le perdit. Porté par Pégase, il voulut monter aux cieux. Zeus le désarçonna. Seul le cheval ailé atteignit les demeures des dieux, qui le placèrent parmi les constellations.

 

[29] La seule des trois Gorgones à n’être pas immortelle, Méduse se prévalait de la terreur particulière qu’elle inspirait aux mortels, avec sa chevelure formée de serpents, ses dents immenses, les convulsions qui crispaient son visage et son regard pétrifiant tous ceux qui s’exposaient à son atteinte. Les mythes abondent à son sujet : ils tentent d’expliquer ses maléfices. Selon les uns, elle aurait été une belle jeune fille, trop fière de sa chevelure ; pour la châtier, Athéna aurait changé cette dernière en un paquet de serpents. Selon d’autres, la même Athéna l’aurait punie de s’être unie à Poséidon en lui imposant une forme affreuse. Sa mort est également le sujet de bien des récits : le plus connu met en scène le héros Persée, qui, sur l’injonction d’Athéna, et avec son aide particulière, trancha la tête de Méduse, prenant bien soin, pour n’être pas figé en pierre, de ne regarder que l’image de la Gorgone, telle qu’elle apparaissait au miroir poli de son bouclier. Du sang qui se répandait, naquirent Pégase et Chrysaor, fils de Poséidon —le seul dieu qui n’ait pas craint de se joindre à l’horrible monstre— La tête de Méduse orna l’égide d’Athéna. La déesse, grâce à cet attribut magique, mettait en fuite ses adversaires.

 

[30] Elles étaient trois sœurs : Sthéno, Euryale et Méduse, filles de Phorcys (que Pontos engendra) et de Céto qui eut Océanos pour père. Divinités primordiales, elles résidaient non loin du royaume des Ombres, dans des lieux inconnus. Elles offrent aux regards un aspect terrifiant. Elles ont une tête énorme, hérissée d’une chevelure vipérine, des dents aussi longues que des boutoirs de sanglier, des ailes d’or qui leur permettent de cingler à travers les airs. Leurs yeux démesurés changent en pierre quiconque les fixe. Seule Méduse, la plus célèbre des Gorgones, est mortelle. Elle périt de la main de Persée.

 

[31] Fruit des amours de Zeus et de Danaé, ce célèbres héros grec de l’Argolide fut, à sa naissance, placé avec sa mère dans un coffre, par son grand-père Acrisios, et abandonné sur la mer. Les flots les rejetèrent dans l’île de Sériphos, où régnait Polydectès. Voulant séduire Danaé, le roi chercha à se débarrasser de Persée  devenu adulte en lui demandant de rapporter la tête de la Gorgone. Aidé par Hermès et Athéna, le héros contraignit les trois Grées, après leur avoir enlevé leur œil et leur dent, à lui indiquer le chemin des Nymphes. Il y reçut le casque d’Hadès qui rend invisible, tandis qu’Hermès et Athéna lui fournissaient des armes merveilleuses. Il put ainsi trancher la tête de Méduse, sans être vu par les autres Gorgones. Sur le chemin du retour, il délivra Andromède et l’épousa, malgré un complot fomenté par Phinée. Puis, avant de regagner Sériphos, il fit un détour par l’Afrique : le géant Atlas l’ayant mal accueilli (parce que le héros était le fils de Zeus) Persée, en lui présentant la tête de Méduse, le pétrifia, le changeant en la montagne qui porte son nom. Enfin, à Sériphos même, la tête du monstre lui permit de délivrer sa mère Danaé, qui, poursuivie par les pressantes assiduités de Polydectès, s’était réfugiée dans un temple : à leur tour, Polydectès et ses compagnons furent pétrifiés.

Cependant, Persée était soucieux de connaître son grand-père ; il désirait aussi revendiquer ses droits sur le royaume d’Argos. Á son arrivée, Acrisios se souvint de la prédiction de l’oracle, d’après laquelle il serait tué par son petit-fils, et s’enfuit à Larissa chez les Pélasgiens. De passage également dans cette ville, Persée participa à des jeux funèbres. En lançant un disque, il frappa par mégarde l’un des spectateurs et le tua : c’était Acrisios. Lorsqu’il apprit l’identité de la victime, Persée rendit à son grand-père les honneurs funèbres, puis, n’osant revenir à Argos, il céda à Mégapanthès, fils de Proétos, le royaume d’Argos et il reçut en échange celui de Tirynthe. Vénéré comme un demi-dieu, il fut, après sa mort, placé dans les cieux parmi les constellations.

 

[32] Contrairement à la conception, je vais dire cartésienne, qui dit que l’avenir est devant et le passé derrière, les Grecs, eux, considèrent que c’est le passé qui est devant (car c’est ce qu’ils ont devant les yeux) et l’avenir dans le dos... Puisqu’ils en ignorent tout.

 

[33]   Cette personnification divine de l’aurore appartient à la toute première génération des dieu : elle est la fille de Théia et d’Hypérion (deux Titans) et la sœur d’Hélios et de Séléné. A la fin de chaque nuit, Éos apparaît à l’horizon sur un char de lumière traîné par des cheveux d’or, pour annoncer le retour du soleil. Ses époux et ses amants sont innombrables, et elle a mis au monde de nombreux enfants. Épouse d’Astræos, elle lui préfère Orion, puis Céphale, enfin le fils de Laomédon, Tithonos, à qui elle donne Memnon, roi d’Egypte. Il reste que les amours d’Éos pour les jeunes dieux ou les mortels sont autant d’allégories : telle son union avec Astræos, le vent du crépuscule, d’où naquirent l’Étoile du matin, les vents et les astres.

 

[34]   Cette « fontaine du cheval » jaillit sur l’Hélicon sous le sabot du cheval Pégase et fut choisie par les Muses comme le centre d’un de leurs lieux de séjour préféré. Les poètes viennent y chercher l’inspiration.

 

[35] Comme Cerbère et bien d’autres monstres, la Chimère est le produit difforme du monstre Échidna et de Typhon. Elle a la tête d’un lion ou d’une chèvre et la queue d’un dragon. Élevée par Amisodarès, roi de Carie, elle terrorisait tous les lieux d’alentour, vomissant des flammes et dévorant tous les êtres humains qui avaient le malheur de se trouver sur sa route. Comme il craignait que le monstre ne s’attaquât à ses sujets, le roi de Lycie demanda à Bellérophon de le délivrer d’un tel fléau. Celui-ci, monté sur le cheval Pégase, perça la chimère de flèches plombées, dont le métal fondit à l’ardeur des feux qu’elle émettait : elle fut, de la sorte, brûlée à mort.

 

[36] Dans la mythologie grecque, les Amazones appartenaient à une race fabuleuse de femmes guerrière qui, selon les mythographes anciens, vivaient dans le Caucase et en Asie Mineure, au bord de la rivière Thermodon, où elles fondèrent la ville de Thémoscyre. Gouvernée par une reine, les Amazones n’acceptaient la présence des hommes qu’une fois l’an, pour perpétuer leur race et, dit-on, mettaient à mort leurs nouveau-nés mâles. Montées sur des chevaux, protégées par une armure et un casque, elles parcouraient les contrées d’Asie Mineure, vivant de pillage et de rapine. On brûlait la mamelle droite de ces magnifiques tireuses d’arc pour faciliter leurs mouvements au cours des combats. De nombreux héros luttèrent contre ces femmes aussi étranges que cruelles. Héraclès fut chargé par Admète, la fille d’Eurysthée, d’aller ravir à la reine des Amazones, Hippolyte, la ceinture enchantée dont Arès lui avait fait présent. Elle accepta de donner cet objet au héros lorsque Héra, métamorphosée elle-même en Amazone, parcourut l’Asie Mineure, clamant qu’Héraclès voulait enlever la reine. Aussitôt, toutes les Amazones prirent les armes, et au cours de la lutte, Héraclès tua Hippolyte. Sous le règne de Thésée, les Amazones envahirent l’Attique et assiégèrent Athènes pour se venger du rapt de leur reine Antiope. Mais les Athéniens les repoussèrent. S’étant aventurées en Lycie, elles furent également vaincues par Bellérophon. Pausanias mêle leur légende à celle de la guerre de Troie. Sous la conduite de leur reine Penthésilée, les Amazones vinrent au secours de Priam, sur le point d’être défait par les Grecs. Mais leur reine ayant été mise à mort par Achille, elles cessèrent aussitôt le combat. Aimant la chasse et les exercices violents, elles vénéraient tout spécialement l’Artémis d’Éphèse, déesse aux multiples mamelles, en l’honneur de laquelle elles furent les premières à instituer un culte.