Boris Lawson

Bird

Charlie Parker, the Bird

 

 

BORIS LAWSON

 

L ÉROTIQUE ERRATIQUE

LE RÊVE

HÉLAS

LES PIEDS SUR TERRE

EXILÉ

TANDIS QU'HAGARD

CE CLOAQUE

A LA TRIBUNE

LOUVOYER

ABHORRÉ

UN POCO LOCO

 

 

 

L’ÉROTIQUE ERRATIQUE

YARDBIRD SUITE

 

 

L’érotique erratique s’esquinte à esquiver l’épître, n’en serait-ce qu’une esquisse qui le guette, tel estoc de Damoclès ; il hésite, et ça l’irrite de faire face aux principes, tels fadas spectres qui l’inspectent des panards au chef… et toc ! Etique éthique, épique étoc de mes glauques projets, tout englués de pique-niques oniriques, d’où bombance et noubas –be-bop à Lola, l’on fait à se faire crever la panse, dégobiller tripes gluantes. Bacchanales et perverses galas où à la régalade, vodka l’on se tape ; délectables cérémonies où fatales nanas esclaves s’arrachent allégrement du ventral faciès, l’hirsute moustache et envisagent, le cas échéant, de s’extirper tripes et âme sous la conduite ésotérique d’un éfrit tragique et bouffeur de frites qui s’écrient : « tes cliques, tes claques et tire-toi tant que tout se complique ! Que l’échine tu te brises en grimpant dans l’esquif minable de la sagesse ! Que tu bourres les bourres qui te rétament ! Que tu armes ta hargne, piques et piques une dose d’un gramme à Amsterdam ! Qu’un pas gentil le génie, sans bouillir d’enthousiasme, garde son calme. L’équité d’équipe, c’est décider qu’à l’étape l’on quitte le type, l’érudit… Rudy ? Mais non eh bouffi ! Boris que je te dis ! Celui qui vite évite le vil vice quand c’est lui qui régale, mais en revanche hérite d’un authentique Walhalla… Pour une fois que la chance sourit, pas de quoi faire un plat, ni battre la chamade pour savoir qu’est-ce ou quoi. ‘Tout’ façon, c’est rien que du chinois… Et comme le rêve s’achève là !

 

 

Table

 

 

LE RÊVE

OUT OF NOWHERE

 

 

Le rêve est un cargo de nuit, alter ego de l’abstrait fruit, dont la sève est l’inconscient ; Relax ou bien belligérant, malaxe en la mer dodo… de la pause l’Eldorado, du sommeil, le vaste océan… Concubine du continent, de l’éveil grandiose domaine, d’une éternelle dose de migraine, vaccine ses habitants tels que sont chancelants. Le Rêve est un rafiot pourri, nabot laid avachi taxi –aux voiles en pièces, en lambeaux, mais de ces avilies loques naissent, songes en liesse, loufoques mais si beaux ! Le rêve dépêche canots, qui lèchent grève, incognito, et chope chaque endormi, à l’échoppe de sa flaque de lit ; ils vont s’offrir fugace fugue qui, d’envahir l’espace, subjugue même l’élite des régates oniriques. Le rêve, frégate sadique, s’achève quand de l’éveil, la digue (dont d’haine) enchaîne fatigue de l’océan, jusqu’au somme de vaguelettes ; Il ramène à l’aveuglette, les gens la nuit, tremblants endormis (tanière est sieste estuaire). Les illusions-bretelles se perdent dans les ombres dentelles des (vertes et enchanteresses) îles –peuplées de plaisirs et d’idylles. Et le rêve, cargo pourtant, attend que se lève l’embargo, pour faire escale au repaire du littoral. Le régal du fier amiral, des chimères infernales : calvaire en cale de la galère –quand on me cale aux fers… Enfer ! Mais que faire en ce carcéral univers de cette côtière Kabbale ?: Vieille cavale dans le chenal de l’éveil… Merveille du bal, du pâle soleil.

 

Table

 


 

HELAS

LOVER MAN

 

 

Hé ! Hélas… Soleil vermeil, en ma morose et close et taciturne turne appareille, darde et bombarde en cette diurne mansarde. Il filtre le décor au travers les lames (du store) détendues,, en infirmes zones alternantes, requièrent mon âme en trente difformes tranches ; Telles amantes aimantées-t-alimentent cône contenant philtre, en avalanche d’incantation conforme. Le soleil m’éveille donc. Boule ignée cochenille liquéfiée rampe dessus le couvre-lit, mais aussi déboule indignés bruits de béquilles d’estropié dans les couloirs du Louvre-assomoir-hôtel qu’ouvre une grosse maquerelle. Mais mieux vaut appeler un chat un chat virable un chat chaland ; dire les choses telles qu’elles sont, quoi ! En rien le zénith mon humeur frôle ; païen obit sermon intérieur, drôle presque ! Mais si titanesque aussi, d’avoir les yeux ouverts, aussi les pieds sur terre.

 

 

Table

 

LES PIEDS SUR TERRE

ORNITHOLOGY

 

 

Les pieds sut terre et les yeux grands ouverts. Cocuage de ma tête, laquelle dans les nuages en tempête s’aère ; d’avoir le corps tout ramolli de travers, et, sur le lit assis de côté opte pour le confort d’un oreiller ringard, que pourtant je préfère. Devant Râ dansant rat avant ra se rabat à Rabat, écope d’une crampe et chez Kheops se réfugie ; mais par quelle magie dans le décor estampillé d’une ravissante estampe, avec force, elle s’abat en ébats subis… Cette débauche amorce ébauche de regard ébaubi de la part du roi, pouah ! Il faut que tu te relèves, lui disent en chœur, les pyramides sans cœur ; Il faut que je me relève et m’interdise cette stupide torpeur. Le tapis du mur d’en face représente ramassis d’aventures efficaces d’amantes, ordonnant l’imminent secouement ; à droite, une fenêtre d’où jaillit invasion de lumière d’une boîte qui pénètre par débit de néon, la tanière. Monotone et inquiétante est la perpétuité mécanique, clignotante et multicolore qui passionne le ténor de la luxure dite de luxe : Pollux ! Pollux scrute tous azimuts reflux et flux du lux dont le but est la crue des attributs en rut et sus aux phallus qui chutent. Mais non Pollux (le joueur de flûte à bec) moi, joueur de sax’ et sexe, Boris, ex-roi du relax pénis, sans l’ombre d’un kopeck, errant, prince exubérant de la virile verge comme concombre, en pince et se goberge auprès des filles dociles, qui tranquilles, se déshabillent au luminaire inné de l’aurore du palace éteint. Empreint de cette race obscure, j’abhorre de l’azur le contraire : frivoles spots ignés qui racolent cocotes et redingotes en goguette. Dans la braguette, rapetisse aussi le zizi quand bruit d’bottes de la maqu’relle me rappelle que je ne suis pas seul en ce linceul.

 

 

Table


 

EXILE

CONFIRMATION

 

 

Suis exilé dans une cambuse, un débarras de voilé taffetas… Sans ruse et désolé, je suis dans l’embarras : En cette cagna recluse, je surnage fêlé, et, la société j’accuse, pour la cage de verre où je suis solitaire. J’attends. J’entends que le voisin s’écroule, peinard,, dessoûle, panard dessus traversin. J’ai la chair de poule ou plutôt de canard… Car naze est le béquillard qui s’écrase, sitôt et tandis que le soir descend et finit en rasant le trottoir. Mais digère un cuisant échec quand éclaire en toute quiétude et sans salamalec, son Altitude le bec de gaz, qui nonchalamment à la base, diffuse une lumière topaze. Je pense au jazz qui désabuse le désespoir. L’envie de boire, que gaze l’esprit qui flâne en mon crâne blafard, prurit de soiffard.

 

 

Table

 

 

TANDIS QU’HAGARD

RED CROSS

 

 

Mais tandis qu’hagard je me prélasse, sur une chic couchette d’un lupanar, d’un taudis dont le plumard s’enchâsse en le mur de briques (à perpète buvard et parfume l’anicroche de l’usure et vérole) s’embrume la caboche à me sure que je m’affole, que sonnent les cloches et tremblotent jambettes ; j’assume même quand je somnole. Et bien que lavette, dégotte en dedans la cretonne de couette, petite ligne de cocaïne dans une boîte fine d’allumettes plates qui excite ma convoitise. La combine, hantise et lubie du triste junkie. Sur la tablette, console support de mon drôle de trésor, je me console, rapport au rôle de mon héroïne, qu’illico je m’enfile et m’écrase K.O. Extase de l’immobile voyage, mais dégouline d’un vertige débile : fossoyage qui m’hallucine et m’oblige un nettoyage interne ; l’angoisse m’afflige, de ma paillasse, me berne, m’attaque, exige que la crasse qui concerne la baraque, voltige… Mais crack ! un tour de pass-pass et le bagne en pays de Cocagne se travestit, champagne !

 

Table

 

 

 

CE CLOAQUE

KOKO

 

 

Ce cloaque, geôle suprême du fric-frac ;

De l’ampoule qu’enjôle à l’extrême de l’enroule

Et je rêvasse à l’Éole qu’essaime ma tignasse…

A l’adresse de la tôle indemne, se dresse.

 

Déjà l’envie du ressac indique la saga suivie :

L’aiguille qu’encaque qui pique et qui brille

En traître traque applique et pénètre

La veine en vrac d’une unique mais pleine

Seringue ; à sac elle nique, c’est dingue !

J’arrache du tac au tac un fantastique flash !

Découle que je vaque ironique, maboule,

Au vasistas opaque, exotique, prends place.

Cigarette, verre d’arack, un stick et je guette.

 

A la tribune la breloque je bats quand je reluque une citadine

Brune de choc noctiluque qui turbine

pour les prunes en loques d’un eunuque en berline

La fortune de son froc caduc s’incline

Face à la Une crête de coq perruque divine

Et peu commune qui se moque de la nuque de la gamine

Thune de coke dans l’aqueduc de la narine

 

Table

 

A LA TRIBUNE

ANTHROPOLOGY

 

 

A la tribune iliaque à pic sur lagune, de la bicoque s’estomaque le stoïque doc. Mastoc, saxophoniste macaque, loustic qu’assiste à la rouquine ou brunette qui batifole dans la brume et se dandine. Sur la couchette je dégringole. La barbare trompe des boulevards ne trompe que les ignares des bars de Zanzibar. Allez-vous en manants ! Revenez-y rien que pour voir ! Et gare ! Car les hangars en bordures de square endurent, le soir, avatars, cauchemars des placards à jobards, lupanars bizarres où cafards s’égarent au hasard. Quelle horreur ! J’ai peur ! Le type à quai d’à côté projette ses polypes, solfatare à catarrhes, tandis que la garcette en navette avec le paradis des taudis, m’inquiète ; et pourquoi ? Du nichoir en orbite à part, mansarde où je gîte, regarde la minette. Aux abois, désespoir m’incite aux égards d’éclats. Je médite sur l’alcoolat vedette ; l’émoi suçoir mérite quelques dollars : l’amour faillite aux alentours guette. Quoi ? Croire que la maudite, le nectar en prime débite, s’exprime en coquette… ? Non, je ne conçois la victoire prédite tel le billard, que quand s’alite et se répand sa mignonnette. Farouche petite dare-dare invite clients ringards et pas patient à la mélasse et aux plumes ; sa bouche suscite un art qui nécessite un coin peinard (au besoin d’une impasse on s’accoutume). Bon, débouchent illicite bagnard et acolyte en caisse, Jaguar, et disparaissent, bagasse ! dans la brume. La Sainte-Nitouche séduite, déclare à la va-vite, qu’elle se tire et démarre avec le désir qui la tracasse et la consume.

 

 

Table

 

 

LOUVOYER

MY LITTLE SUEDE SHOES

 

 

 

Vous voyez dans les folles et herbues prairies, l’amène et leste antilope sentant le fauve qui se met à l’affût. Dissimulé qu’il est dans la brûlante et si haute savane, amène le léger animal à se mettre à l’abri, tant pis ! Ou peut-être tant mieux finalement : la gazelle le radar en alerte, attend tapie tout prudemment et gerbe de trouille verte tout son dîner sur sa jaune veste, l’herbe déjà ruminée ; Faute de grive on se tape des merles, et voilà se faufile dedans les palmeraies aux raphias zamiers sagoutiers dégourdis, le félin. Feuler à la nuit, tandis qu’il zone de çi de là, flaire peinard et sûr de soi, comme s’il flânait sur un boulevard. Il crâne le félidé : deux canines s’est cassé sur le dernier gibier ; Le bon air à l’aise humé quand on sait que tout baigne n’est pas pour lui, et saigne l’aloyau d’industrielle gazelle, au déjeuner servi… Quel vilain félin qui jette l’assiette par terre ; le steak nappé béarnaise est déjà refroidi avant même qu’il le mange. Quel dommage pour le joli tapis maintenant tout sali… Le fromage il enjambe, saute aussi le dessert et se retrouve au bar.

 

BORIS

(à Gonzalez, le barman)

 

—Hé man ! File-moi donc une bouteille de tequila sur le compte de mon pote : Lady Prez

GONZALEZ

 

—Oh, amigo moi, mon frigo n’est pas assez gros pour le tempo presto du señor « Ecce Homo »… Tu vois l’topo ?

 

 

Table

 

ABHORRE

AU PRIVAVE

 

Abhorré cet infâme lazzi avivant l’envie de vodka qui m’entraîne et m’envahit ; le barman, insane avare aviné, me toise du désir avide de me jeter à l’avenue… A la venue d’une avanie, mal aisément lâchée, j’imagine avisée comme un aveu certain de ma mauvaise volonté et contrariant très fortement l’avenant avenir qui aurait pu nous unir d’une amitié sans ride. De plus, injures, insultes et autre verbal outrage, en ces temps tendus, superflus, bien entendu ! D’autant que j’élève le ton pour que tout le monde entende… La vie en rose, diront les uns ; tandis que les autres chercheront noise rien que pour s’imbiber. Car encore pituite je crache et louche de plus en plus vers les étagères aux diverses liqueurs qui divergent de moi ; Hélas, le premier verre, je ne vois goutte et goûte seulement à leurs sales manières de larbins en colère… Bande de cons ! Mais pas une seconde j’en oublie mon tant chéri cruchon… Glouglou glousse mon glouton gosier lorsque les fers en l’air, paumé, je m’y retrouve. Pavé c’est beaucoup dire : victime d’un banni caprice qui consiste à l’envie d’un peu d’illicite liquide, j’évite leurs vils sévices, de gifles et coups de griffes –pépite d’agonie- tandis qu’ils me virent pour infimes broutilles. Mon corps coulis se glisse en les coulisses du bar, couloir où m’attend une fille, galantine de ballerine en jeans, complice de leur impie crime, me guide aux confins du confiné conduit afin d’éviter le conflit décrit : décri. Oui, son but unique se limite à me conduire auprès du malsain cheffissime inique. Ainsi terrain vilain, je vide ou fuis, pour point me faire occire mais bien dire mon ire à ce si triste sire qui laisse dépérir ma tant tarie pépie. Il oublie que débris je deviens au point de me tenir aux lambris déconfits, si, lambic absinthe ou vin n’imbibe l’alcoolique junkie musicien que je suis. La fille fait un sourire des plus jolis. Fine de taille, à souhait elle est moulée, un tantinet fessue… M’attirerait que point surpris je ne serais… Déjà dans le filé lin de son fin casaquin ligné, pointent dru le bout de ses seins qui m’aspirent et me mènent par le bout du tarin. Elle ouvre le voisin chemin… Je butine pour lambiner un brin : Je connais le butin qui s’en suit, entièrement fait de festins, big-bringue fait de câlins, de folies… Divins délires où s’insinuent mêlés, un osé baratin et un bénin clin d’œil souhaité sain. Affine, me glisse goulue : ¿ Un poco loco, mon coco ?

 

 

Table

 

 

UN POCO LOCO

DONNA LEE

 

 

Puis illico me colle l’ad hoc bécot tandis qu’en la bicoque de mon smok’ décolle l’Apollo zob Contre la coque de son froc je me frotte d’abord des calots fiérots colosse dévore petiote gosse mais alors que tremblote ma forte menotte qu’harponne tamponne sa cosse d’étoffe étole porte de sa chaude motte elle gigote la sotte non pas qu’elle rigole s’oppose ou bien s’étonne car note que c’est son job d’être bien bonne avec les crados paletots qui dans l’alcool mijotent et se moquent de la belote Ces atroces cloportes ou ces idiots despotes de la calotte qui se défroquent du ciboulot s’ôtent baroque sacerdoce guignols dogmes et grosses nones Car encore Credo marmonne my God elle me botte cette salopeMa parole que j’ai la cote Aux chiottes les connes Molles qui stop ordonnent et mordent quand on les p’lote La mignonne chuchote qu’en dot elle offre lot d’énormes loches et coquelicot clito trésor accore du corps accort pactole de sa culotte folle si coke et fiole de morph je lui dégote Dope sweet home mon pote Du métro boulot dodo l’antidote Parlote de cocotte à gigolo clodo réglo troc de cotte cajole et dorlote contre l’héro solo du lope tox’ Corridor rococo d’où j’aborde le plan paddock Je lui propose dans une piaule on fait la pause l’opium je lui donne ensuite je la saute Mais alors que l’essor subit le sort de l’oiseau drôle qui s’envole en cette morose tôle vers la pompe d’efforts je corrobore et force sur la dose qu’explose dans ma caboche je débloque, décolle et dégringole côté cosmos eh adios amigos

 

 

 

1987-90

OTTIGNIES L-L-N

Table