Le mont de la Sarakina

du handicap social [Le plan « C.R.S. »]

Voilà, concernant les pauvres (les gens qui vivent avec 900€/mois voire moins) il manque minimum 300€ par mois. Je comprends qu’on ne peut pas demander à l’état de nous donner ça… Mais au moins devraient-ils arrêter avec ce statut cohabitant (qui en plus est illégal, rapport aux droits de l’homme) cela parce qu’il n’existe pas de logement correct pour une personne à 250€ de loyer. Or, dès que c’est pour deux personnes, alors c’est ce que ça coûte par personne (il y a de très beaux apparts 2 chambres à 500€… ou de belles maisons 3 chambres à 750, etc) De plus, concernant la vie de tous les jours, c’est clair que ça coûte moins cher si on vit à plusieurs que si on vit seul… Donc comment contourner ce problème de statut cohabitant ?

Très simplement : on crée une asbl. Un Centre de Revalidation Sociale. Nous louons des logements où nous permettons à nos « patients », fragilisés socialement (mais comment ne pas l’être quand il faut donner des 400€ de loyer et qu’on n’a que 800€ pour vivre !) de venir faire une cure de revalidation sociale chez nous, à durée indéterminée. Pour leurs « soins » elles paient la somme de 600€/mois (250 pour le loyer, 50 pour les charges et 300 pour vivre) et voilà. Les personnes, officiellement, deviennent SDF et elles ont leur adresse de référence en nos bureaux (Ainsi, elles conservent leur statut d’isolé : elles n’habitent pas dans nos maisons : elles sont en cure !) Si la société leur trouve une solution digne de ce nom (par exemple un logement social) alors on estimera que la « cure » est finie et la personne peut sortir et une autre prend sa place, sinon : elle est chez elle.

Naturellement, il est délicat d’expliquer le projet publiquement comme je viens de le faire mais ça, au niveau de la forme, je crois que c’est à chaque maison, ou à chaque organisateur de maison, comme je me propose de l’être, de décider (bien-sûr en concertation avec les autres personnes impliquées : A.S., éducatrice…) les règles de vie de la maison et des projets qu’elle soutient (moi je soutiens Source de Vie mais rien ne vous empêche de soutenir les Afghans…) pourvu que cela soit sur le mode de la solidarité (remède excellent, soit dit en passant, en termes de revalidation sociale !) Toutefois, je t’en parle à toi dans l’espoir que tu adhères au projet dans les grandes lignes comme je viens de te l’expliquer… Parce que si ça c’est bien clair dans ma tête, dès que je pense à comment le réaliser, je coince. Pour tout ce qui est administratif (création de l’asbl, etc) je coince. Donc, j’ai l’idée mais il faut qu’elle soit reprise par des pros comme vous et alors moi je serais apte à organiser une maison qui fonctionnerait comme je l’explique ci-dessous au public, sans jamais parler de cette histoire de taux cohabitant (Il s’agit de ma vision idéale du projet. Ensuite, j’explique comment cela peut fonctionner au minimum) :

 

 

« L’objectif est d’améliorer le sort de personnes en fonctionnant sur le mode de la solidarité… Sur 3 niveaux :

1. Le premier objectif est d’aider l’orphelinat Source de Vie (dont je suis l’un des deux représentants officiels pour la Belgique) : Les sœurs avaient déjà une cinquantaine d’enfants à charge, ce qui n’était déjà pas simple à gérer mais maintenant, depuis la guerre, elles ont en plus 120 filles mères : Des jeunes filles (des très jeunes filles même puisqu’elles sont âgées de 12 à 18 ans !) qui ont été violées par les soldats… De cette union, elles ont un enfant. Total, elles sont rejetées de leur famille et se retrouvent abandonnées. Les sœurs ont besoin de tout (vêtements, jouets, tout pour les bébés, matériel scolaire, informatique, machines à coudre, etc, etc.) De plus, elles vont avoir un compte chez Caritas International, de sorte qu’il sera possible de déduire fiscalement le don lors de la déclaration d’impôt…

2. Il faut du personnel bénévole pour pouvoir faire ce travail correctement… Et ce personnel, nous irons le chercher parmi les allocataires sociaux… voire dans la rue. Nous ouvrons un centre de revalidation sociale : une maison (trois chambres) d’un loyer de 750€ où nous pouvons accueillir 3 pensionnaires, à durée indéterminée. Ils paient leurs frais de 600€/mois (pension complète) pour une cure de revalidation sociale où les gens réapprennent ou apprennent ce qu’est la vie normale, soit être occupé pendant la journée avec des choses comme les corvées (tâches ménagères, démarches administratives…) l’hygiène… formation minimum en informatique (fut-ce pouvoir consulter ses mails, gérer son compte en banque en ligne, avoir un compte FB…) Et alors, nous leur demandons de travailler 4 heures par jour, de 13 à 17h, bénévolement, pour Source de vie… En remerciement, disons ! Cela parce que, quelque part, s’ils ont maintenant la possibilité de vivre dans un cadre correct par rapport à ce qu’ils connaissaient (logements trop petits, limite insalubres ou la rue…) c’est parce qu’il y a des enfants au Congo qui ont besoin d’eux. Le principe de solidarité, enfin…

3. Naturellement pour que cela soit possible, il faut un minimum de personnel (assistante sociale, éducateurs, quelqu’un pour l’administratif et encore une autre personne pour la trésorerie) par ailleurs, la qualité sera privilégiée par rapport à la quantité… C’est ainsi que le personnel directement en contact avec les personnes en cure chez nous, n’auront pas trop de patients… Disons que si nous ouvrons trois maisons pour dix personnes : il faut une assistante sociale et un éducateur par maison. Six maisons ? Deux assistantes sociales et six éducateurs, etc… Ces gens aussi trouveront leur compte car ils auront la possibilité d’exercer leur métier dans des conditions optimales (c’est clair que les personnes qui ont connu l’administration sentiront la différence !) et pour eux aussi, du coup, ça sera le bonheur ! »

 

Je viens donc d’expliquer comment je perçois les choses idéalement… Voici comment cela peut également fonctionner au minimum :

Une ASBL existante (par exemple Collectif Manifestement à Bxl, Solidarité Nouvelle à Charleroi, Thermos et/ou Les Sentinelles de la Nuit à Liège… Voire le GADL…) ouvre une « maison à thème » : c’est-à-dire qu’elle rassemble des personnes vivant des choses comparables (par exemple, des mères avec leur(s) enfant(s) dont le père est parti… ou, de nouveau, des gens qui militent pour une cause commune, etc…) l’objectif se limite juste à contourner le taux cohabitant. L’ASBL loue la maison à son nom et les personnes qui y vivent passent un contrat avec l’ASBL (pour la domiciliation : pareil qu’expliqué plus haut, les personnes ont leur adresse de référence au siège de l’ASBL) et tous les mois versent leur part du loyer et des factures énergétiques à l’ASBL. Ainsi pas besoin de personnel (A.S., éducateurs…) et le seul vrai problème, c’est la caution (Si l’ASBL est pauvre, les locataires doivent apporter leur quote-part ou alors l’ASBL peut avancer et les locataires remboursent à concurrence de 25€/mois…) L’ennui alors avec cette formule est double : d’abord, si c’est simplement pour vivre, alors l’autorité pourra dire que c’est de la cohabitation (alors qu’avec mon projet ci-dessus, c’est réellement de la revalidation sociale) et deuxièmement, cela ne concerne plus les sans-abri alors puisqu’il n’y a plus d’encadrement professionnel…

Et ainsi c’est viable très facilement… Et puis, d’une maison à l’autre, les projets peuvent différer de sorte que les deux cas de figure que je viens d’évoquer sont possibles et comme ça nous-autres les pauvres, on peut recommencer à vivre sans ce foutu taux cohabitant…