Le mont de la Sarakina

du génocide ivégien

Mercredi 27 juillet 2016

J’entends à la radio, qu’ils veulent maintenant permettre l’avortement jusque cinq mois…

Ce sujet me touche de très près. Comme en atteste mon témoignage à destination d’un prêtre qui devait participer à un débat sur le sujet, l’année passée :

« Mon Père,

Je voudrais apporter ce court témoignage pour votre débat à propos de l’avortement :

En vérité, il s’agit d’un sujet bien délicat… En tant que fruit d’un viol, fils d’une mère qui ne m’a jamais aimé… Qui m’a toujours laissé sur le côté… Adulant mon raté de demi-frère et me faisant passer pour rien (alors que s’il est bien quelqu’un qui a réussi sa vie, c’est bien moi... Moi qui suis maître de mon temps, qui n’ai de compte à rendre à personne… Moi qui donc connais pleinement la liberté !) En tant que tel donc, je suis très heureux que ma mère ait raté son avortement parce que, malgré toutes les difficultés que j’ai pu rencontrer dans ma vie (surtout sur le plan matériel)… Je suis très heureux d’être en vie et donc, si je considère les choses du point de vue de l’enfant, je suis contre l’avortement. Cela dit, si je considère les choses du point de vue de la mère, c’est selon : Il est un fait certain que la vie de ma mère eut été tellement plus heureuse, si elle avait réussi à me faire partir en toute discrétion… (En tout cas sur le court terme…)

[Mes grands-parents étaient des catholiques stricts, très étriqués dans une morale d’un autre âge et sa vie chez eux a été un véritable calvaire… Mon grand-père a tout simplement refusé de venir me voir à l’hôpital… Allait-il se déplacer pour un bâtard ?! Toutefois, moins d’une heure après mon arrivée dans la maison, le problème était réglé (Peut-être grâce à l’intervention du Saint Esprit) : ils se sont tous mis à chialer devant le petit ange, anormalement calme, qui leur souriait paisiblement ! Par la suite, lorsqu’on baladait tous les deux et qu’on tombait sur un gus qui me regardait d’un drôle d’air (du genre : « ah c’est lui, le fameux bâtard… ») Mon grand-père lui affichait son plus large sourire avant de déclarer : « Moi, j’ai treize petits-enfants, mais celui-ci est mon préféré ! » (Sous-entendu : « Et je t’emmerde ! ») Puis, sitôt qu’on se retrouvait seul, il me rappelait que je ne devais pas le dire aux autres, pour pas faire de jaloux mais qu’il en était bien ainsi…]

Sur le long terme, je ne sais pas… Maintenant qu’elle a 75 ans… Certes, elle adule toujours mon cher demi-frère et continue à me prendre moi pour un raté (ce qui est un véritable comble !) Mais j’évite de parler de tout ça avec elle parce que si je veux lui faire admettre que je suis le pire cauchemar de son existence et qu’il eut été tellement préférable pour elle si elle était parvenue à me faire partir… Elle s’offusque, me traite de fou et de paranoïaque… Et le plus dingue, c’est que je la crois sincère !

De sorte que c’est délicat… Un cas n’est pas l’autre… Mais je crois ceci : En ne parvenant pas à me faire partir, j’ai été pour elle un véritable cauchemar, surtout dans les premières années… Mais si elle avait réussi à me faire partir, elle aurait probablement ressenti un certain soulagement dans les premiers temps… Mais c’est maintenant que cet acte serait pour elle un véritable cauchemar !

Voici mon témoignage…

BàV,

Philippe »

 

J’ai écrit ça au printemps 2015… Il s’agit en réalité de ma vision la plus utopiste qui soit ! (Surtout quand je parle de sa sincérité…) Disons qu’en termes « Chaman castanédien » (Mais que je reprends dans mon vocabulaire de « Premier chrétien ») Cette vision des choses se nomme « devoir croire »…  Disons qu’alors, je devais croire qu’il en était ainsi… il est quantité de choses que je n’ai pas dites… Soit parce que j’espérais… non pas que je me trompasse… Mais disons que j’espérais que les choses finissent par changer…

 Et, de fait, les choses ont changé…

Avant, il y a de ça vingt ans et plus, son plaisir était de me faire souffrir… Je me souviens, en 94, c’était dans la maison familiale… [Mais transformée en restaurant de mon cher demi-frère… Et sous la domination d’un authentique psychopathe −J’irai, par la suite, jusqu’à le dénoncer auprès du procureur du Roi, comme étant l’assassin du compagnon de ma mère !− Et dont le cul servait, accessoirement, de « garage à bite » pour mon frère…] Nous étions donc là, tous les trois : ma très chère mère, cet individu et moi-même et, en moins d’une heure, et par trois fois, l’a nommé, je cite : « Mon deuxième fils » avec tendresse !

[Naturellement, je ne vais pas entrer dans les détails du processus de mon apprentissage en tant que « traqueur », toujours au sens castanédien du terme… Mais avec ce que je vivais déjà alors, sur le plan perso, avec Caterina, disons que cette cerise sur le gâteau en plus, ce fut absolument parfait pour un aller simple à destination du « Lieu sans pitié »… Du genre : jet privé et champagne à volonté !]

Par la suite… Vingt ans plus tard, en 2014, lors de la fête des mères, nous étions réunis tous les trois, avec mon demi-frère… Là, je lui ai dit que, comme cadeau, je lui pardonnais cela…

Comme réaction, elle s’est contentée de me rire au nez ! : « Simon ? Je le détestais ! »

       Pas demander, dès lors, combien tu m’aimes, si c’est à un type que tu détestes que tu parles de la sorte !

       Écoute, Philippe, je ne rappelle plus… J’ai sans doute dis ça pour t’embêter… je ne sais pas, moi, parce que tu m’avais contrariée…

Et ce que j’en dis, aujourd’hui, c’est que dans « de l’Ancre à l’Arbre » je raconte cette conversation avec mon grand-père où il me reproche de rendre ma mère responsable d’une chose dont elle fut la victime… Mais en fait, c’est exactement le contraire : Elle me rend responsable d’une chose dont je fus la victime… Ou si elle ne m’en rend pas responsable, disons alors qu’elle se venge de cela sur moi.

Toujours est-il que, depuis 2010 −Que le Seigneur m’a accordé une guérison miraculeuse afin que je puisse poursuivre dans mon travail− Qu’elle a compris que je n’allais pas mourir… Je me suis rendu compte que les choses s’étaient encore aggravées : Maintenant −Et de cela, j’en suis total convaincu− son objectif est que je meure avant elle… Ainsi, ma part d’héritage sera partagée entre mon demi-frère et ma demi-sœur… Ce qui majorera leur part de 50% !

C’est pourquoi, depuis cette année, j’ai définitivement coupé les ponts… Et je dois dire que j’en éprouve un immense soulagement ! Il m’a fallu des années pour parvenir à cela… J’ai subi toutes les insultes possibles et inimaginables ! Et puis, finalement, à court d’idées, elle se concentrait sur les propos qui me font le plus mal, dès lors qu’elle eut compris que mes chattes étaient mon talon d’Achille… Du genre : Quand je lui ai dit que ma chatte était malade, tout de suite, ses premiers mots : « Tu vas devoir la faire piquer car tu ne pourras pas payer ses frais médicaux… » Et moi, je supportais tout ça parce que je croyais… Sans doute à cause de mon éducation judéo-chrétienne, que tel était mon devoir de chrétien…

Et c’est là que je dis non !

Ce n’est pas ça que le Seigneur attend de moi.

Ce que le Seigneur attend de moi, c’est de l’amour et non de la haine. Et donc, d’abord, par amour pour moi, je n’ai pas à m’infliger pareilles tortures (Durant toutes ces années où je la sonnais le dimanche, j’étais malade tout le temps : du jeudi au dimanche, j’étais malade à l’idée que j’allais la sonner… Et du dimanche au jeudi, j’étais malade de ce qu’elle m’avait sorti comme saloperies !) Deuxièmement, puisque de son côté, c’est seulement de la haine, je n’ai pas à participer à ça… Et puis, en y participant pas, ça fait que je retrouve de la distance… Et cela me permet de pouvoir l’aimer à nouveau… Certes, d’une façon beaucoup plus impersonnelle… Disons que j’ai grand pitié d’elle… Parce que j’ai conscience que la source de toute sa haine envers moi, c’est l’accumulation de tout ce qu’elle a subi !

Pour en revenir au débat d’une façon plus générale, je dirais que, plus que jamais, je suis contre l’avortement : Je serais suicidaire, si j’étais pour ! Il va sans dire que je m’adresse à des personnes qui ne sont pas engagées sur le chemin de la Connaissance… Et donc j’exprime les choses que ressentent les « hommes ordinaires » au sens castanédien du terme ! En tant que « guerrier de l’Esprit »… Ou pour le dire de façon plus douce : « Artisan du Seigneur » Je dirais que ce terrain de jeu est absolument parfait pour travailler à l’élévation de son âme…

Ce qu’il faut comprendre, c’est que la vie… C’est une chance que nous offre Dieu, en ce bas purgatoire, pour commencer par « racheter » (Des guillemets parce que, comme ça, je ne trouve pas d’autres mots) nos fautes des vies précédentes… Puis, dans un deuxième temps, d’ouvrir nos cœurs… Si l’être humain ne devait savoir qu’une seule chose concernant le sens de la vie, ce serait : « Le repentir et la miséricorde sont les mamelles de la rédemption »

Maintenant, comme je l’ai déjà dit plus haut : Être un bon chrétien ne signifie pas être maso ! C’est de la connerie pure, ça, le plan consistant à tendre l’autre joue ! (Une invention des suppôts de Satan de type « Jorge du Nom de la Rose » pour nuire aux hommes…) « Tendre l’autre joue » signifie bien plus : Continuer à aimer l’autre… C’est-à-dire : se mettre à sa place, un instant, afin de pouvoir comprendre… Mais bien-sûr, avec la distance… qui permet d’échapper à la « haine directe » (Naturellement, je n’échappe pas à la portée de toutes ses ondes négatives… Mais moins il y aura de contact, moins elle pensera à moi… Et plus donc, elle pourra consacrer son énergie à aimer les siens… Ses enfants, ses petites-filles…) Dans le cas de ma mère et de moi : Nous n’avons pas à nous infliger des contacts que ni elle ni moi ne souhaitons. Non seulement, il n’est pas normal qu’il faille faire des démarches pour que je ne reçoive rien de ce qui, légitiment, ne revient qu’à ses seuls enfants, mais même depuis le début, il n’est pas normal qu’elle ait dû s’occuper de moi comme si j’étais l’un de ses enfants alors qu’elle me rejette depuis quelques instants avant que je ne sois conçu… Et que je suis la personne qu’elle déteste le plus depuis que le violeur est mort… Lorsque j’avais deux ans, seulement !

Pour moi, ce qui fait une « famille », ce n’est pas les liens du sang… C’est l’amour ! (Quand mon fils, par exemple, me dit que son « vrai père » est son père adoptif… avec qui donc, il ne partage pas une seule goutte de sang, c’est parce que c’est lui qu’il aime… Et non moi qui ne suis que le géniteur) Dès lors, je ne trouve ça ni sain… Ni d’ailleurs naturel que des gens qui se haïssent (Ou pire encore : une mère qui déteste son enfant… qui lui donc donnerait tout pour être aimé… Par celle qui le hait !) soient obligés de vivre ensemble…

La société pourrait quand même comprendre l’enfer que vivent ces femmes et trouver les moyens faisant que ce soit vivable, le moins difficilement possible, pour les deux parties.

Pour la femme, en premier, ce qu’il convient de faire, c’est de la décharger de toute responsabilité. Qu’on la débarrasse de cet intrus, dans les meilleurs délais après la naissance. Pour l’enfant, qu’il soit confié à une femme qui donnerait tout pour avoir un enfant mais qui n’y parvient pas… Ainsi, dès le court terme : l’une n’a pas à porter ce fardeau infiniment trop lourd que d’être mère et l’autre est aimé comme n’importe quel autre enfant (Idéalement, il conviendrait que la véritable mère soit en contact quasi permanent avec la mère porteuse, au plus vite après la conception) Afin que la situation soit vivable pour les deux parties. Après, sur le long terme, lorsque l’enfant est devenu adulte (Mais, selon moi, certainement pas avant qu’il ait trente ans… sinon quarante !) Alors, une rencontre, peut être envisageable… Mais seulement si les deux parties sont demandeur.

Mais l’avortement, pitié, pas ça !

D’autant que, les femmes comme ma mère ne sont pas nées « monstres » ! Avant de devenir la brave femme qu’elle est à 75 ans, ma mère a commencé par être une petite fille charmante et innocente comme toutes les petites filles… C’est finalement, le poids de toutes ces valeurs hautement morales qui ont fait que… Alors plutôt que de recourir à des procédés de barbares… Donc, soit la torture de cette femme envers ce petit être (qui ne lui avait rien demandé)… −à défaut d’avoir pu commencer par assassiner ! Ce serait mille fois mieux qu’on lui foute surtout la paix à cette femme… qui ne s’en sort déjà pas avec elle-même… Et qu’on confie l’enfant à une femme prête à aimer, tout simplement !