Les Sirènes du Mississipi (part.2)

 

Basse
Intro
Thème

Quand la Lune (1)
Va voir par ici(2)
Un oiseau solitaire (3)
J’existe (4)
Il se nomme « Moineau » (5)
Pégase et Bellérophon (6)
Coda (7)

 

 

Basse :

 

Laisse l’Esprit d’ici

t’emporter là...

Laisse-toi roucouler des

rochers escarpés,

Falaises et des Mâchicoulis

T’emporter là, au gré des courants d’alizé...

Courant des gués

du fleuve au gré des

courants d’alizé...

Laisse l’Esprit d’ici

t’emporter là...

VA,

VA DROIT VERS TA VOIE !

VA DROIT VERS TA VOIE !

VA DROIT VERS TA VOIE !

VA VERS TA VOIE !

VA VERS TA VOIE !

VA VERS TA VOIE !

VA VERS TA VOIE !

Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Intro :

 

... Au gré des effilades de l’austral alizé...

Au gré des effilades de l’austral alizé, nous poussent les vagues en roulis ;

On dirait bien que tout est clair, évident,, pour qui se laisse bercer des effilades de l’austral alizé... Les caresses du vent qui s’insinue en nous,

Nous poussent au gré du courant doux. Au gré des courants des vagues en roulis, nous hissent et filent, ondulants, vifs et de biais, courant des effluves du fleuve tumultueux et de son éternel estuaire...

On dirait que tout est clair, évident, courant des caresses du vent.

Que la seule énergie qui voyage est celle consistant à améliorer l’ oeuvre de création naturelle qui évoluera encore chez nos petits-enfants,

Pendant qu’ils rêveront à leur jeunesse oisive...

 

Thème :

 

Travers de destin

d’astre, grain de poussière...

va vers son destin

de voler dans les airs !

 

D’est, Un d’attester

que les grains éphémères

sont astres légers

sous la voûte solaire.

Lorsque les sirènes résonnent en nous…

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

De l’autre côté du fleuve doré, tout deviendra possible !

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui pousse en nous, maîtresse de la raison.

Comme une fleur ouverte au gré de la rive...

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

Herbes errantes et fleurs en liberté, nous pousseront en paix...

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui traque en nous, maîtresse de la raison.


1. Quand la lune…

 

Puisque le rêve éphémère en escale dans son immuable durée, incite l’être à agir sans jamais rien attendre en retour, si ce n’est les effluves et caresses du vent...

Quand la lune…

Quand la force obscure dans la lune atteint sa plénitude, au moment même où elle parvient à son apogée, quand elle est majestueuse sous la voûte de jais où scintillent les étoiles,, dés le moment précis où elle a rassemblé la totalité de son être et qu’elle n’a pas son pareil pour être ronde et fière, en face de son soleil sitôt cette seconde, elle commence à décroître, jusqu’à n’être plus qu’une sombre tâche dans le noir de la voûte de jais. Une forme obscure, voilée dans l’ébènedu nébuleux cosmos... avant, dans son immuable durée, de renaître... à jamais !

Et toi-même, scintillante étoile, astre qui brille dans le lointain... Tu es peut-être mort depuis une éternité, sans que nous le sachions... Nous qui sommes des résidus, des cendres, des fragments de toi !

—Toi qui es encore présent !


2. Va voir par ici…

Va voir par ici...

Va voir l’aut’ côté...

Désastre d’ici...

Aux astres de là…

Les cristaux de l’eau

les retiennent à la rive,

deviennent gouttes d’eau

qui partent à la dérive...

—De l’aut’ côté !

et tant de risques encore

que j’ignore, ou feins d’ignorer, mais tant pis !

Mon ami, il faut que je te dise :

tout n’ira pas sans quelques tracas...

VA-Z-Y ! Laisse-toi couler des escarpés mâchicoulis !

VA-Z-Y ! Laisse venir l’humeur de la liberté...

VA-Z-Y ! Porque... Porque no !

Va-z-y ! Va là-bas !... Porque no !

Va-z-y ! Là ! Va-z-y !

Va-z-y ! Pour que les fleurs revivent... –racines en l’air–, Dans son chant des sirènes aux abords de cet estuaire...

VA LÀ, dans la lumière nocturne où te poussent tes pas...

VA LÀ, dans la noirceur du jour, sur le pas de tes ailes...

VA LÀ, vers les champs d’énergie qui dépendent du ciel...

VA LÀ, il y a tant à connaître au fond de toi...

VA LÀ, dans le silence de toi-même !

VA LÀ, de l’autre côté.

Regarde tes pattes palmées comme elles s’embourbent dans la vie !

Ton plumage estdevenu du même gris que le gris des nuages ! Tu ressembleras bientôt à la poule d’eau du père Nikos: “Mieux vaut poule d’eau qui nage que moineau dans sa cage !” Disait-il, alors va, go !

Va droitdans l’azur au gré de l’austral inconnu !

Va au gré de la palette irisée, toile de l’univers...

Va au gré des cristaux de l’air et volutes du vent..

Va courant des effilades d’idéal alizé en dedans ce monde

enfoui depuis dix millénaires.

Va droit dans les airs !

Prends-toi l’essor de la liberté, au gré des falaises des escarpés mâchicoulis belvédères !

Vas-y ! Vers ta voie !

Laisse l’Esprit t’emporter courant des volutes du vent ! Pour qui sait y faire en astral périple imaginaire...

 


3. Un oiseau solitaire…

 

« Un oiseau solitaire doit remplir cinq conditions :

D’abord voler au plus haut ;

ensuite ne point tolérer de compagnie,

Même celle des siens ;

puis pointer le bec vers les cieux,

Et ne pas avoir de couleur définie ;

Et puis alors... chanter tout doucement... »

Mouvement des ailes en vol...

Filaments de lumière

lucioles de l’âme en

diagonales traverses

gorgées de conscience.

La bouche ouverte,

Le bec à la renverse,

en quête du Ne-pas-faire

de voler dans les airs...

Voyage immobile !

Merveilleux périple du lit

de ficelles au lieu de prédilection...

Les ailes en direction sud est.

Et chanter, chanter

tout doucement.

Que s’ouvre

la voie au gré de l’alizé ;

Sans couleur bien définie

ni point de compagnie

—pas même celle des siens !

Courant du lien qui

nous unit à l’Esprit

qui, de l’aurore à l’aube qui suit,

maintient le monde,

des plus hautes montagnes

aux fleuves dorés...

Jusqu’aux océans,

la vaguelette et l’astre éphémère, le vent

qui nous hisse des ailes,

des falaises en pierre de grès

vers son altesse, rouge carmin,

s’éveillant au levant.


4. J’existe !

Je suis un grain de poussière...

Mais je suis !

I ! J’existe !

Et si c’est pour finir par mourir,

que ce soit en guerrier qui résiste,

en grain du sable au gré du vent...

Oui, j’aime tellement mieux mourir

VIVANT !

Que la mort me tape sur l’épaule gauche afin de me pousser au lieu de prédilection.

Par de là le Chaos de l’antre du néant... Que je danse tant que je vis, que mes ailes me portent !

puis, frôlent les vagues en roulis !

Que la houle me soûle !

—sous l’écume qui crépite en coulis de nuage !

Pour que mon cœur d’ermite

existe !

Et saccadé, volette Apollon-Silène, dans l’azur égéen

La femme Nagual aux mille reflets comme

Des filaments d’or.

Tous les combats qu’on a gagnés, entremêlés de nos défaites,

sont les postures des mouvements de la danse,

de la dernière résistance du guerrier

—qui, de son Esprit impeccable, récapitule.

Ses gestes racontent ses peines, mais également sa joie...

Incommensurable lorsque devant l’astre en éveil,

il s’est émerveillé...

saccades de flux qui ondule...

—Sa dernière occasion de se réjouir !

Alors sa mort lui montrera le sud... L’immensité.

Et sa prairie tremblera quand il regardera le soleil...

Car jamais plus, éveillé ou rêvant, il ne le reverra.

C’est pas Dieu qui punit

l’arbre avec l’hiver...

C’est pas Dieu qui

le récompense

au printemps...

C’est l’Esprit

qui veille à

ce que dans chaque

âme de pauvre hère

erre, la continuité...

de son rêve éphémère.


5. Il se nomme « Moineau »

Travers de destin

d’astre, grain de poussière...

va vers son destin

de voler dans les airs !

D’est, Un d’attester

que les grains éphémères

sont astres légers

sous la voûte solaire.

Compte pas sur moi

pour respecter les règles.

Car je m’en vais de ce pas

vous conter l’histoire de ce conteur,

Place publique et jour de marché...

Il se nomme MOINEAU » !

Il commence par ôter son chapeau,

le fait tournoyer dans les airs, en regardant vers l’est,

puis de le poser délicatementpar terre, en veillant à lui faire faire un tour circulaire à trois cent soixante

degrés, dans le sens inverse des aiguilles de la montre

Pour signifier que c’est l’Esprit qui, seul, mène la danse.

Il s’adresse à la populace en délire, en ces termes concis :

« Señora, Señorita, Señor

¡ Voici la véridique histoire de Calixto Muni

le rédempteur ! ¡ Il a libéré sa ville de Sonora !

(du naze conquistador...)

¡ Plus de haine, plus de profit ! ¡ Seulement, la joie ! ¡ Plus que la vie !

Plus de viol, plus de meurtre, juste des hommes qui se respectent.

Plus de pillage systématique de nos richesses.

¡ Gloire à Calixto Muni !

Jette bien ce que je vais te dire au fond de ton Esprit, l’ami :

l’homme est seul maître de sa destinée.

Toi, tu dis qu’il est mort... Mais moi je te le dis :

¡ En vérité, Calixto Muni vit ! »

Son but a transcendé

sa propre personne.

Lorsque résonnent en nous

Les sirènes de de l’autre côté...

...D’après les dates

mémorables

Calixto Muni

fut trahi.

Il a été

arrêté... Livré

aux bourreaux...

Il fut écartelé

entre quatre chevaux.

Ils ont jeté

ses restes aux

chiens errants

Pour qu’il n’ait point

de sépulture... Comme si jamais il n’avait existé.

Et pourtant...Pourtant...

De l’autre côté, au gré de la rive...

Du saut périlleux dans l’inimaginable...

Au gré de la rive où siègent les sirènes...

Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Va VOIR l’aut’ côté ! Va VOIR l’aut’ côté !

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

De l’autre côté du fleuve doré, tout deviendra possible !

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui pousse en nous, maîtresse de la raison.

Comme une fleur ouverte au gré de la rive...

Lorsque les sirènes du Mississipi résonnent en nous...

Herbes errantes et fleurs en liberté, nous pousseront en paix...

Sitôt qu’on le désire, on cultivera l’intention

qui traque en nous, maîtresse de la raison.

 

6. Pégase et Bellérophon

Par petits bonds successifs,

les poissons qu’il venait de pêcher

s’en retournaient tout seul à l’eau...

Comme si force étrangère à la raison,

en soutenait le retour vers les flots.

Glaucos y vit là injonction

de Zeus père et qui brandit l’égide,

et plongea tout son être

courant des pâtures océanes.

Purifié par Thétis et les Néréides ,

Glaucos devint semblable à Triton , Au fil des lames d’argent.

Il apparaissait une fois l’an

aux matelots des nefs bien charpentées...

Sa chevelure est d’écume, sa barbe de vagues,

ses habits sont des algues qui flottent par-dessus sa queue de poisson,

d’arêtes et d’écailles...

Il rendait des oracles semblables à ceux du divin Apollon.

Lorsque le vent s’élève, bleu sombre est la mer de ses vagues en roulis.

Fils de Sisyphe , et petit-fils d’Éole ,

un autre Glaucos était le roi d’Ephyre ...

Il eut pour fils Bellérophon , mon pote.

Bellérophon, béni des Dieux, Bellérophon au regard impétueux.

Athéna , la Divine aux yeux pers, lui fit don de bribes en or,

grâce auxquelles il parvint à dompter Pégase, le cheval ailé.

Pégase(autant que Chrysaor, son frère) naquit d’une goutte de sang

de la tête à Méduse

-La terrible gorgone , à la chevelure mouvante de serpents lovés ;

te pétrifie le premier qui ose poser son doux regard sur sa face de chienne...

Persée la lui avait tranchée, pourtant... Mais sans directement la regarder ;

suivait l’image au bouclier luisant que lui tendait Pallas aux yeux pers.

Athéna qui fit à Bellérophon, don de bribes en or, grâce auxquelles il parvint à dompter Pégase, le cheval ailé.

(L’avenir est dans ton dos,

seul le passé s’offre à ton doux regard .

car tu marches à reculons

sur le chemin de ta destinée ;

inquiet, trébuchant, hagard.)

Pégase de son crin blanc neige, fend l’azur de ses ailes de lait,

en quête de source dont l’eau claire est bonne à boire aux guerriers

—dont les exploits résonnent dans la plaine... Comme aux vieillards aux moult

souvenirs, comme aux enfants qui naissent sitôt que l’Aurore , matineuse,

aux doigts de roses, n’effeuillent les fleurs de son aura magique...

Pégase vécut, recherchant les fontaines,

et de la trace de son sabot la terre s’entrouvre fleurie.

Pégase découvre la source d’Hippocrène ,où, suivant le divin Apollon,

Les Muses manient

le poète de mille pensers harmonieux…

Bellérophonmontant Pégase, triomphe de la Chimère

Issue d’un tourbillon de vent, tout venin de vipère...

Sa tête est celle d’un lion ; sa queue, d’un dragon.

Bellérophon triomphe de la Chimère, de la peuplade des Solymes

Et leurs alliées, les Amazones ...

Mais alors, il se prend pour un Dieu, ce mortel intrépide au regard impétueux.

et chevauchant sa divine monture,il s’élancevers le mont de l’Olympe...

C’est là que Zeus, le désarçonne, le jette à terre, l’envoie bouler.

“Devenu odieux à tous les immortels, il erra dans la plaine d’Alée,

le cœur consumé de chagrin, seul, fuyant les sentiers des hommes...”

 

 

Pégase, comme chacun le sait,

devint constellation d’étoiles

au lac de la voûte de grès...

pour qui sait y faire en mélodie

d’écume immaculée...

Nous qui sommes des résidus,

des cendres, des fragments de toi ;

toi qui es encore présent...

Qui brille dans la nuit,

Immuable dans ta durée...

 

7. Coda

Dés qu’on aura

fait taire l’aura

de l’amarre

du bruit...

Dés que

le silence

en nous

s’insinue

Dés qu’on aura

fait taire l’aura

de l’amarre

du bruit

Dés que

le silence

en nous

s’insinuera...

De la voûte illuminée d’étoiles, sous la lune où

l’océan de ses vagues d’argent, mouille le môle...

 

Seulement l’être seul et face à l’Esprit. Immuable.

Filament de lumière, câble, dedans l’immensité

et devenir conteur aux abords de cet estuaire...

Le fleuve et ses trois affluents !

en escale de périple en son imaginaire...

Seulement l’être seul et face à l’Esprit, aux nuages,

aux fleurs sauvagesqui poussent —racines en l’air...

Quand l’âme se laisse couler et des mâchicoulis !

Si l’huis de son cœur se hisse comme pont-levis...

L’essor de son imaginaire !