03. La difficulté initiale

Tchouen / La Difficulté Initiale
En haut K'an : L'Insondable, l'Eau.
En bas Tchen : L'Eveilleur, le Tonnerre.

Le nom de l'hexagramme, Tchouen, désigne proprement une herbe qui rencontre un obstacle dans son effort pour sortir de terre. De là vient le sens de « difficulté initiale ». L'hexagramme indique la maniéré dont le ciel et la terre produisent les êtres individuels. C'est leur première rencontre qui s'accompagne de difficulté Le trigramme inférieur, Tchen, est l'éveilleur; son mouvement est. dirigé vers le haut. Il a pour image le tonnerre. Le signe supérieur est K'an, l'insondable, le dangereux. Son mouvement va vers le bas. Il a pour image la pluie. La situation décrit par conséquent une profusion dense et chaotique. Le tonnerre et la pluie remplissent l'air. Mais le chaos s'éclaire : le mouvement qui est dirigé vers le haut tandis que l'insondable s'enfonce, se dégage finalement du danger. Les tensions se déchargent dans l'orage et tous les êtres respirent, allégés.

LA DIFFICULTE INITIALE opère une sublime réussite.
Favorisant par la persévérance. Ne rien entreprendre.
Il est avantageux d'engager des auxiliaires.

Les temps de genèse sont entourés de difficultés. C'est comme une première naissance. Mais ces difficultés proviennent de la richesse des facteurs qui luttent pour acquérir une forme.
Tout est conçu comme étant en mouvement : c'est pourquoi il existe, malgré le danger présent, une perspective de grand succès si l'on persévère. Lorsque le destin se présente sous l'aspect de pareils moments, tout demeure encore informe et sombre. C'est pourquoi l'on doit attendre, car tout geste prématuré peut entraîner l'échec. Il est également d'une grande importance de ne pas rester seul.
Il faut avoir des auxiliaires pour triompher avec eux du chaos. Mais cela ne veut pas dire que l'on doive demeurer passif à contempler les événements. On doit y mettre la main, en prodiguant partout encouragements et directives.

Nuages et tonnerre : image de la DIFFICULTE INITIALE.
C'est ainsi qu'agit l'homme noble, en démêlant et en mettant en ordre.

Les nuages et le tonnerre sont représentés par des lignes décoratives définies. Cela veut dire que, dans le chaos de la difficulté initiale, l'ordre est déjà présent. C'est ainsi que l'homme noble doit, en de tels moments de début, articuler et ordonner l'abondance confuse, comme on sépare les uns des autres les fils de soie d'une pelote emmêlée et qu'on les unit en écheveaux. Pour se reconnaître dans l'infini, il faut distinguer et unir.

Neuf au commencement signifie :

Hésitation et obstacles.
Il est avantageux de demeurer persévérant.
Il est avantageux d'engager des auxiliaires.

Lorsqu'au début d'une entreprise on se heurte à un obstacle, il ne faut pas vouloir avancer à toute force, mais on doit se montrer prudent et faire une pause. Toutefois on ne doit pas se laisser déconcerter, mais il faut garder devant les yeux, avec persévérance, le but que l'on poursuit.

Il est important de rechercher les concours convenables. On ne les trouve que si l'on demeure modeste dans le commerce avec les hommes et que l'on évite de s'enorgueillir. Ce n'est qu'ainsi qu'on groupe autour de soi les hommes dont l'aide permet de s'attaquer aux difficultés.

Neuf au commencement :
Hésitation et obstacles. Il est avantageux de demeurer persévérant. Il est avantageux d'engager des auxiliaires.
Bien que les hésitations et les obstacles prédominent encore, le travail vise à réaliser ce qui est juste.
L'homme éminent qui s'abaisse au-dessous des hommes inférieurs gagne pleinement le coeur de tous.

Ce trait est le maître de l'hexagramme. Il est indiqué par là que les difficultés initiales persistent et n'ont pas été résolues.
On ne peut alors rien faire d'un seul coup.

Le chaos doit être éclairci progressivement. La nature et la place du trait montrent la voie juste à suivre pour atteindre ce but. Il est de sa nature lumineux et ferme, donc éminent. Et, en cette qualité, il se place sous les faibles traits yin qui ne peuvent s'aider eux-mêmes.

Dominer en servant, c'est là le secret de la réussite. Ainsi ce trait est l'auxiliaire de valeur dont on a besoin aux moments où se manifestent les difficultés initiales, afin de vaincre les obstacles.

Six à la deuxième place signifie :

Les difficultés s'accumulent.
Cheval et chariot se séparent.
Ce n'est pas un brigand, il fera sa demande en son temps.
La jeune fille est chaste, elle n'engage pas sa foi.
Dix ans, et elle engage alors sa foi.

On se trouve aux prises avec la difficulté et les obstacles.

Puis un tournant survient tout à coup, comme si quelqu'un arrivait avec un chariot et un cheval et dételait. Cet événement se produit de façon si surprenante que l'on croit voir un bandit dans le nouvel arrivant. Peu à peu on s'aperçoit qu'il n'a pas d'intentions mauvaises, mais qu'il cherche à nouer des relations amicales et qu'il offre son concours. Mais on n'accepte pas cette offre parce qu'elle n'émane pas de la bonne direction. Il faut attendre que les temps se soient accomplis : dix années constituent un espace de temps clos, un cycle achevé. Les conditions normales reviennent alors d'elles-mêmes et nous pouvons de nouveau nous unir avec l'ami qui nous est destiné.

Avec l'image de la fiancée qui, au sein d'un grave conflit, demeure fidèle à celui qu'elle aime, l'hexagramme donne un conseil pour une situation particulière de la vie : si, en temps de difficulté, quand on se heurte à des obstacles, un soulagement s'offre inopinément d'un secteur avec lequel on n'a aucun lien, l'on doit demeurer prudent et n'assumer aucune obligation entraînée par une telle aide; s'il en était autrement, notre liberté de décision s'en trouverait lésée.

Si l'on attend le moment, les conditions paisibles reviennent et l'on parvient à ce que l'on espérait

Six à la deuxième place :
a) Les difficultés s'accumulent. Le cheval et le chariot se séparent. Ce n'est pas un brigand, il fera sa demande en son temps.
La jeune fille est chaste, elle n'engage pas sa foi. Dix ans, et elle engage alors sa foi.
b) La difficulté du six à la deuxième place est qu'il repose sur un trait dur.
Le fait que la jeune fille qu'il représente engage sa foi au bout de dix ans signifie un retour à la règle générale.

Ce trait est au cour des difficultés initiales. Sa relation normale le rattache au neuf à la cinquième place avec lequel il se trouve en correspondance. Cependant cette relation est troublée par l'influence du neuf initial qui se trouve au-dessous et qui, par ses importunités (il est en outre l'un des maîtres de l'hexagramme), provoque le doute et l'incertitude.

Mais comme le six à la deuxième place est central et correct, ces tentations sont surmontées et, lorsque la période de difficulté parvient à sa fin - dix ans représentent un cycle complet -, la règle générale reprend force et l'union avec le neuf à la cinquième place se réalise

Six à la troisième place signifie :

Qui chasse le cerf sans forestier ne fait que s'égarer dans le bois.
L'homme noble comprend les signes du temps et préfère s'abstenir.
Continuer apporte l'humiliation.

Quand on veut chasser sans guide dans une forêt inconnue, on s'y égare. On ne doit pas vouloir s'évader des difficultés où l'on se trouve, sans examen et sans conseil. Le destin ne se laisse pas abuser.

Des efforts prématurés sans la direction indispensable conduisent à l'insuccès et au déshonneur.

C'est pourquoi l'homme noble, reconnaissant les germes des événements qui s'annoncent, préfère renoncer à un souhait plutôt que de s'attirer l'insuccès et la honte en cherchant à obtenir à tout prix son accomplissement.

Six à la troisième place :
a) Qui chasse le cerf sans forestier ne fait que s'égarer dans le bois. L'homme noble comprend les signes du temps et préfère s'abstenir. Continuer apporte l'humiliation.
b) « Il chasse le cerf sans forestier » c'est-à-dire il convoite le gibier.
« L'homme noble comprend les signes du temps et préfère s'abstenir.
Continuer apporte l'humiliation. » Cela conduit à l'échec.

Ce trait est faible à une place forte et, en outre, au sommet du trigramme du mouvement. Il en résulte le risque que son mouvement soit incontrôlé et troublé par la convoitise. Un tel mouvement ne peut conduire qu'à l'échec.

Au point de vue des trigrammes nucléaires, le troisième trait appartient en premier lieu au trigramme nucléaire, inférieur, K'ouen. Considéré sous cet angle, il a abandonné le maître et guide et n'a retenu que le mouvement. Ici s'applique la sentence de l'hexagramme K'ouen : « Si l'on se met en avant, l'on s'égare ».

La forêt est suggérée par le trigramme nucléaire supérieur qui signifie la montagne et dans le domaine duquel on pénètre ici. Etant donné que le six à la troisième place n'a pas de trait correspondant à la sixième, il échoue et ne trouve pas le gibier recherché.

Six à la quatrième place signifie :

Cheval et chariot se séparent. .
Poursuis l'union.
Aller apporte la fortune.
Tout opère de façon avantageuse.

On est dans une situation où le devoir commande d'agir, mais la force fait défaut. Une occasion se présente cependant d'établir des contacts. Il faut la saisir. On ne doit pas se laisser retenir par une fierté mal placée ou une fausse réserve. C'est un signe de clarté intérieure que de se déterminer à accomplir le premier pas, même si une telle démarche comporte une certaine abnégation. Dans une situation difficile il n'y a pas de déshonneur à se faire aider. Lorsqu'on trouve les concours convenables, tout va bien.

Six à la quatrième place :
a) Cheval et chariot se séparent. Poursuis l'union.
Aller apporte la fortune. Tout opère de façon avantageuse.
b) Si l'on ne va que lorsqu'on est invité, c'est la clarté.

Le trait est en relation de correspondance avec le neuf initial. L'idée suggérée est que l'on attend jusqu'au moment où l'on est prié. L'action de prier quelqu'un est exprimée par le neuf initial qui se met au-dessous du six à la quatrième place.

Ce neuf initial est le maître actif de l'hexagramme; en face de lui le six à la quatrième place signifie un homme vertueux qui est assez sage pour ne pas offrir ses services, mais attendre jusqu'au moment où il est invité.

Neuf à la cinquième place signifie :

Difficultés dans la bénédiction.
Un peu de persévérance apporte la fortune,
Beaucoup de persévérance apporte l'infortune.

On se trouve dans le cas de n'avoir aucune possibilité de traduire ses bonnes intentions de manière qu'elles puissent se manifester réellement et être comprises.

D'autres personnes s'interposent et déforment ce que l'on fait. Il faut alors être prudent et s'avancer pas à pas.

On ne doit pas vouloir à tout prix venir à bout d'une entreprise importante, car une telle affaire ne réussit que lorsqu'on jouit déjà de la confiance générale.

C'est seulement dans le calme, au prix d'un travail fidèle et consciencieux, que l'on peut agir progressivement de telle sorte que les situations s'éclairent et que les obstacles tombent.

Neuf à la cinquième place :
a) Difficultés dans la bénédiction. Un peu de persévérance apporte la fortune;
beaucoup de persévérance apporte l'infortune.
b) « Difficultés dans la bénédiction », car les bienfaits ne sont pas encore reconnus.

Ce trait est l'un des maîtres de l'hexagramme, et, comme il est central et correct, il serait en mesure d'exercer une action bénéfique. Mais cette action est contrecarrée de plusieurs manières.

D'une part, il se trouve au centre de K'an, la gorge, fermée des deux côtés par des murailles abruptes, si bien que comme dans le cas d'une rivière coulant entre deux rives escarpées, ses effets ne peuvent profiter à l'entourage.

D'autre part, le six à la deuxième place est trop faible, bien qu'en lui-même il se trouve dans une relation de correspondance, tandis que le neuf initial, qui est l'autre maître de l'hexagramme, n'est pas directement relié au cinquième trait. Par suite, du point de vue individuel de ce deuxième trait, le neuf à la cinquième place est plutôt tenu pour un rival.

Enfin, ce dernier trait se trouve au sommet du trigramme nucléaire supérieur Ken qui a pour propriété l'immobilisation et vient par suite contrarier l'influence.

Six en haut signifie :

Cheval et chariot se séparent.
Il coule des larmes de sang.

Il est des hommes pour qui les difficultés du début sont trop lourdes. Ils en demeurent prisonniers sans pouvoir en sortir. Ils baissent les bras et renoncent à la lutte. Une telle résignation est une chose des plus affligeantes. C'est pourquoi

Confucius fait à ce propos la remarque suivante
      :

    « Des larmes de sang coulent : on ne doit pas persister dans une telle attitude ».

six en haut :
a) Cheval et chariot se séparent. Il coule des larmes de sang.
b) « Il coule des larmes de sang. » Comment pourrait-on demeurer longtemps ainsi ?

Ce trait, tout comme le deux et le quatre, a pour symbole le chariot qui s'arrête et est dételé.

Mais tandis que le six à la deuxième place est à la fois en relation avec le neuf initial et avec le neuf à la cinquième place, et que par suite il doit seulement éviter d'établir un faux lien; que, d'autre part, le six à la quatrième place est en correspondance avec le neuf initial et trouve là un lien convenable, le six supérieur est complètement isolé parce qu'il n'a pas de trait correspondant à la troisième place. Au sommet du trigramme K'an dont le symbole est un chariot endommagé, il (le trait représentant le voyageur ) doit nécessairement dételer.

Toutefois il n'y a personne pour venir à son secours et c'est pourquoi l'on voit apparaître les autres symboles du trigramme.

K'an, l'eau (les larmes), et le sang. Mais cette situation désespérée ne dure pas. En effet, comme le trait supérieur est un six, il se transforme en son opposé et le trigramme du danger et de la gorge donne naissance au trigramme Souen qui signifie le vent, et par suite triomphe de la stagnation.

Dans une telle situation il faut par conséquent provoquer rapidement un changement..

L'hexagramme Tchouen a pour maîtres le neuf du début et celui de la cinquième place. Il ne possède que ces deux yang. Le neuf initial est en bas et signifie l'auxiliaire qui peut calmer le peuple. Le neuf à la cinquième place est en haut; il peut engager l'auxiliaire pour calmer le peuple.

Après que le ciel et la terre sont venus à l'existence, les êtres individuels commencent à se développer.
Ce qui remplit l'espace entre le ciel et la terre, ce sont précisément les êtres individuels.
C'est pourquoi vient ensuite l'hexagramme LA DIFFICULTE INITIALE.
La difficulté initiale est la même chose que le fait de remplir.

T'chouen ne signifie pas à proprement parler " remplir". L'idée est la difficulté qui naît quand le ciel et la terre - le principe lumineux et le principe obscur - se sont unis pour la première fois et que tous les êtres ont été engendrés et sont nés. Cela produit un chaos qui remplit toutes choses. L'idée de remplir est par suite mise en relation avec l'hexagramme Tchouen.

Tchouen est visible, mais il n'a pas encore perdu sa demeure.

L'herbe a déjà fait percer ses pointes à travers la terre; elle est donc visible, mais elle est encore dans la terre, sa demeure d'origine. Le trigramme nucléaire supérieur (la montagne) indique le caractère visible, celui du bas (la terre), la demeure.

L'ECLATEMENT signifie la putréfaction.

Cette idée, qui est formulée en même temps que celle concernant l'hexagramme suivant, montre la connexion qui existe entre la putréfaction et la résurrection. Le fruit doit pourrir avant qu'une nouvelle graine puisse se développer.

La tendance descendante de ce signe est des plus claires.

Les deux trigrammes nucléaires de même que le trigramme inférieur sont formés de K'ouen dont le mouvement est dirigé vers le bas. En face on a le trigramme supérieur Ken, immobile et en repos. Cela conduit à un relâchement de la structure. Si l'on prend la tendance des cinq traits yin, ceux-ci provoquent la chute du yang supérieur, en ce qu'ils s'enfoncent vers le bas et le privent ainsi de l'appui du sol. Ici se trouve en outre exprimée la tendance fondamentale du Livre des Transformations : la lumière est représentée comme invincible, car dans sa chute elle engendre une vie nouvelle, tout comme le grain de blé enfoui dans la terre.

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La DIFFICULTE INITIALE opère une sublime réussite, favorisant par la persévérance. Ne rien entreprendre.
Il est avantageux d'engager des auxiliaires.

La DIFFICULTE INITIALE : le ferme et le malléable s'unissent pour la première fois et la naissance est difficile.

Le malléable change le fort par une action progressive et imperceptible. Les traits yin sont en passe d'augmenter.

D'où l'attitude de l'homme noble dans de pareils moments; elle se déduit des deux trigrammes. Il est abandonné, conformément à la propriété du trigramme K'ouen, et tranquille, en accord avec la propriété du trigramme Ken.

Cela signifie qu'il n'entreprend rien parce que ce n'est pas le moment. Il s'adapte ainsi au cours du ciel qui fait alterner la croissance et le déclin de sorte que ce qui est plein décroît et que ce qui est vide croît.

Le mouvement au milieu du danger procure une grande réussite et la persévérance.

Le trigramme inférieur, Tchen, est le mouvement; le trigramme supérieur, K'an, est le danger. Il s'agit donc du mouvement au sein du danger. De cette manière on sort du danger. Ainsi se trouvent expliquées les paroles du texte : « sublime réussite, favorisant par la persévérance ».

Le mouvement du tonnerre et de la pluie remplit l'atmosphère.
Si le chaos et l'obscurité prédominent pendant que le ciel est en train de créer, il convient d'engager des auxiliaires sans se laisser endormir pour autant dans sa tranquillité.

Ici également l'état de l'atmosphère en train de se remplir est caractérisé par les difficultés qui s'accumulent jusqu'au point où un orage éclate. Pourtant le résultat final est déjà suggéré par le fait que l'ordre retenu n'est pas formé des nuages (K'an) en bas et du tonnerre (Tchen) en haut, mais qu'au contraire le tonnerre est nommé le premier, et ensuite la pluie, c'est-à-dire les nuages qui se résolvent en pluie.

De même que le tonnerre et les nuages sombres précèdent le déclenchement de l'orage, dans les affaires humaines une ère de chaos précède les époques d'ordre. En un pareil moment le prince auquel est confiée la mise en ordre du chaos a besoin d'auxiliaires de valeur.

Toutefois la situation demeure au début sérieuse et difficile. On ne doit pas vouloir se reposer sur les autres. Cette phrase est suggérée par les deux maîtres de l'hexagramme. si le neuf initial signifie l'auxiliaire valeureux que l'on doit s'adjoindre aux moments de danger, le neuf à la cinquième place veut dire que l'on a encore des difficultés, si bien que l'on ne doit pas s'abandonner au repos. En raison des conditions précaires, le neuf à la cinquième place doit continuer d'attendre la solution. Il ne doit pas encore prendre de repos.

Nuages et tonnerre : image de la DIFFICULTE INITIALE;
c'est ainsi qu'agit l'homme noble en démêlant et en mettant en ordre.

Tandis que dans le Commentaire sur la décision on nomme le tonnerre et la pluie pour indiquer l'état final provoqué par le mouvement, les nuages et le tonnerre sont ici mentionnés d'après la figure de l'hexagramme.
Ainsi est caractérisé l'état précédant la pluie, laquelle symbolise le danger (K'an). Pour le vaincre, on doit séparer et unir, comme cela se produit lorsqu'éclate l'orage : tout d'abord les nuages sont en haut et le tonnerre en bas, puis le tonnerre est en haut et la pluie en bas.
REMARQUE. L'hexagramme dans son ensemble a le caractère de la difficulté initiale. Les différents traits représentent les différentes situations qui se présentent au temps de la difficulté initiale. Dans la position réciproque des différents traits seule entre en ligne de compte la situation objective, à l'exclusion de leur caractère subjectif et de leur position à l'intérieur de l'ensemble de l'hexagramme. Ainsi le neuf à la cinquième place et le neuf initial sont les maîtres de l'ensemble de l'hexagramme; le neuf à la cinquième place est le suzerain qui fait du neuf initial son vassal. Si par contre on les considère isolément, le neuf initial n'entre pas en ligne de compte comme auxiliaire du neuf à la cinquième place, mais seulement comme son rival en raison de sa position objective qui exerce une action d'attraction sur le six à la deuxième place, trait placé en correspondance avec le neuf à la cinquième place. Il est nécessaire d'avoir constamment présente à l'esprit cette règle relative à l'étude des différents traits.
Une autre idée valable pour l'ensemble du Livre des Transformations est que les différents traits désignent les temps. Toutefois l'application des hexagrammes dépend des hommes. Ici par exemple se trouve désigné le temps de la difficulté initiale. L'application sera différente suivant que l'individu placé dans ce temps est un souverain, un fonctionnaire ou un particulier. Toutefois les lignes de direction essentielles sont naturellement les mêmes. Elles doivent seulement être chaque fois adaptées aux cas particuliers.
Un coup d'oil d'ensemble sur les différents traits fait apparaître une double attitude à l'égard du temps de la difficulté initiale. Dans le cas de certains traits la difficulté initiale doit être vaincue par l'activité personnelle et, pour le reste, par les circonstances extérieures; là où ces moyens de vaincre font défaut, l'issue est fâcheuse.
Les places fortes 1, 3 et 5 représentent l'entrave provoquée par l'activité personnelle. Le neuf initial et le neuf à la cinquième place sont forts, et par suite on donne le conseil suivant : le neuf initial requiert de la patience, de la stabilité et des auxiliaires; le neuf à la cinquième place doit apprendre à agir progressivement et par étapes; par contre, le six à la troisième place manque de directives; lest pourquoi la décision le concernant n'augure pas le succès.
Les places faibles 2, 4 et 6 dépendent d'une aide extérieure : « Si seulement quelque chose survenait et me prenait en charge! » Le six à la deuxième place et le six à la quatrième place trouvent tôt ou tard des concours, telle une vierge qui trouve un prétendant pour la délivrer. Par contre> le six d'en haut est trop à l'extérieur et demeure isolé, si bien que la difficulté initiale n'est pas vaincue.
Dans ce cas il est indiqué de rompre complètement et d'entamer une nouvelle situation.