Le Déluge

 
 
La notion du déluge est commune à toutes les religions de l’Orient et de l’Occident. On la retrouve dans la Bible, dans l’épopée de Gilgamesh et aussi dans la mythologie gréco-romaine. Il est fort probable que cette idée d’un engloutissement de la terre sous les eaux est née après une inondation catastrophique du Tigre et de l’Euphrate, sortis de leurs lits. Conséquence de la colère divine, le déluge est envoyé par Zeus pour punir les hommes à l’âge d’airain. Le dieu permit seulement à Pyrrha, fille d’Épiméthée et de Pandore, et à Deucalion d’échapper au désastre. Ils trouvèrent en effet, refuge dans un coffre, qui, au moment où les eaux se retirèrent, échoua sur le mont Parnasse. Du déluge et de son néant devait sortir une nouvelle race d’hommes, créés par Deucalion et Pyrrha.

[« Aussitôt, il enferme l’Aquilon dans les antres d’Éole [50], et avec lui tous les vents qui mettent en déroute les nuages pris dans leurs tourbillons ; puis il lâche le Notos. Sur ses ailes humides, le Notos s’envole, son visage terrifiant couvert d’une obscurité de poix ; sa barbe est alourdie de pluie, l’eau coule de ses cheveux blancs, sur son front séjournent les brouillards, ses ailes, son sein ruissellent. Et quand de sa main étendue, il pressa les nuages en suspens, avec fracas s’épanchent du haut de l’Éther les cataractes qu’il enfermait. La messagère d’Héra, vêtue de couleurs chatoyantes, attire et recueille les eaux dont elle alimente les nuages [51]. Les blés sont déversés ; sous les yeux du cultivateur éploré tous ses espoirs gisent à terre, et le labeur d’une longue année, devenu vain, est anéanti. Mais la colère de Zeus ne se borne pas aux limites du ciel, son domaine. Son frère, roi des flots azurés, vient à son aide et lui apporte le secours de ses eaux. Il convoque les fleuves. Dés qu’ils eurent pénétré dans la demeure de leur maître : «  De longues exhortations sont », dit-il, « en ces circonstances, inutiles. Donnez libre cours à votre violence : c’est là ce qu’on vous demande. Ouvrez vos réservoirs et, renversant vos digues, lâchez sans contrainte les rênes à vos flots. » Ses ordres donnés, ils reviennent à leur demeure et ouvrent toutes grandes les bouches de leurs sources. Leur flot déchaîné prend sa course et roule vers les mers... » (Ovide)]
 

[50] La légende plaçait les antres d’Éole dans les îles Lipari, au nord de la Sicile. Il habitait, nous dit Homère, avec ses fils et ses six filles, leurs femmes, une île flottante (Odyssée, X, I et suiv.).

[51]  Il s’agit d’Iris, messagère d’Héra et personnification de l’arc-en-ciel. Ovide la fait intervenir à plusieurs reprises.
 
 
Le Déluge
 
 


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