Déméter

 
 
Fille de Cronos et de Rhéa, l’une des douze divinités de l’Olympe [les autres sont : Zeus, Héra, Poséidon, Apollon, Hermès, Arès, Artémis, Héphaïstos, Hestia, Aphrodite et Athéna], Déméter est avant tout la déesse du blé dont elle facilite la germination, la maturité et de la moisson. Aussi, dans tous les pays grecs de l’antiquité, dont l’économie reposait pour une part essentielle sur la culture de cette céréale, on multiplie les légendes sur Déméter. Outre ses amours avec Iasion, à qui elle donne Ploutos, le dieu de l’abondance, et avec Poséidon, qui changé en cheval, alors qu’elle s’était métamorphosée en jument pour lui échapper, engendra le coursier Aréion, on connaît surtout sur Déméter la célèbre légende qui retrace l’enlèvement de sa fille Coré-Perséphone par Hadès. Celle-ci jouait avec ses compagnes en Attique, dans les plaines d’Eleusis, et cueillait des fleurs. elle aperçut un beau narcisse dont elle s’approcha et au moment où elle allait casser la tige, la terre s’entrouvrit, et Hadès apparut : Il enleva la jeune fille qui poussa un cri déchirant. Déméter entendit cet appel d’épouvante et quitta alors l’Olympe. Pendant neuf jours et neuf nuits, elle erra sur la Terre, sans manger, sans se baigner, sans prendre jamais le moindre repos, à la recherche de sa fille et de l’auteur du rapt. Au dixième jour, Hélios, pris de pitié, lui révéla le nom du ravisseur. Alors dans sa colère, la déesse refusa de regagner le séjour des dieux tant que sa fille ne lui serait pas rendue. Elle se réfugia à Eleusis chez le roi Céléos, époux de Métanira, qui  l’accueillit avec beaucoup d’égards. Pour remercier son hôte, la déesse voulut accorder à Démophon, le fils du roi, l’immortalité. Mais ses pratiques magiques affolèrent Métanira, et Déméter, surprise, lâcha l’enfant dans le feu. Pour consoler les parents, Déméter enseigna à Triptolème, leur autre fils, l’art de labourer les champs, d’ensemencer la terre et de récolter les céréales. Pourtant, depuis le départ de Déméter de l’Olympe, la terre était devenue stérile ; la famine et les épidémies menaçaient les mortels. Zeus, inquiet, intervient auprès d’Hadès pour que Coré-Perséphone fût rendue à Déméter. Mais le dieu des Enfers refusa parce que sa jeune femme avait mordu dans une grenade au cours de son séjour chez les morts, ce qui, magiquement, lui interdisait tout retour au séjour des vivants. Finalement, un compromis intervint. Perséphone vivrait avec sa mère six mois de l’année, et les six autres mois, elle les passerait avec son époux Hadès. À la première période de la vie annuelle de Perséphone correspond le printemps, les jeunes pousses qui, comme la déesse, sortent de la terre sous la protection de Déméter ; à la seconde période, l’époque des semailles de l’automne, des grains de blé enfouis sous la terre, comme Perséphone retournant au séjour des morts. Les mystères d’Éleusis qui célébraient le culte de Déméter voyaient également dans cette légende un symbole perpétuel de mort et de résurrection.
Au cours des siècles de l’Antiquité, les attributions de Déméter se multiplièrent. La déesse fut vénérée comme une des divinités principales de l’Abondance et de la Fertilité par les initiés aux mystères et par les agriculteurs qui célébraient, au moment des moissons, des fêtes comme les Thesmophories et les Éleusinia. Assimilée à Cérès chez les Romains, Déméter est le symbole de la civilisation antique dont elle assure, par l’abondance des récoltes, le perpétuel épanouissement économique et social.

Théogonie d’Hésiode : vers 454, 912, 969.

[« Cependant, remplie d’effroi, la mère vainement par toute la terre, dans tous les gouffres marins, chercha sa fille. Ni l’Aurore aux cheveux humides, à son lever, ni Hespérus ne la virent prendre le moindre repos. De ses deux mains, elle alluma comme torches des pins aux feux de l’Etna, et les porta sans répit à travers les ténèbres glacées. Et, quand le jour bienfaisant avait atténué l’éclat des astres, elle continuait à chercher sa fille, de l’occident au levant. Accablée de fatigue, elle était altérée et nulle source n’avait rafraîchi ses lèvres...» (Ovide)]
 
 
Déméter


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