Dryopé

 
 
Cette fille du roi Dryops  et sœur d’Iole, fut aimée d’Apollon. Elle jouait avec les Hamadryades, ses compagnes, lorsque le dieu, pour l’approcher, se métamorphosa en tortue. L’animal, servant de balle aux jeunes filles tomba sur les genoux de Dryopé, et, se transformant soudain en serpent, s’unit à elle. Honteuse, Dryopé cacha cette aventure et, plus tard se maria. Selon une autre version, beaucoup plus pathétique de cette légende, Dryopé pour amuser son fils Amphissos, cueillit au bord d’un lac, des fleurs de lotus, sans savoir que la nymphe Lotis avait pris cette apparence afin de se soustraire aux instances d’un poursuivant : du sang jaillit des tiges coupées ; de fureur autant que de douleur, Lotis changea Dryopé en arbre, sous les yeux épouvantés de ses parents.

[... « Que dirais-tu, si je te contais le surprenant destin de ma sœur, malgré les larmes et la douleur qui me troublent et m’empêchent de parler ? Fille unique de sa mère —moi, mon père m’engendra d’une autre—, Dryopé était la plus célèbre pour sa beauté des femmes d’Œchalia. Elle n’était plus vierge, ayant subi la violence du dieu  qui règne à Delphes et à Délos, lorsque Andræmon la reçut en mariage ; son épouse passait pour le rendre heureux. Il est un lac dont les berges en pente ont l’inclinaison du rivage de la mer ; des myrtes, dans le haut, ceignent ses bords. C’est là qu’était venue Dryopé, dans l’ignorance du sort qui l’attendait, et, ce qui ajoutera encore à ton indignation, pour apporter aux nymphes des couronnes. Elle portait dans ses bras, doux fardeau, son enfant, qui n’avait pas encore un an, et qu’elle nourrissait de son lait tiède et fortifiant. Non loin de l’étang, poussait, couleur de pourpre tyrienne, couvert de fleurs, espoir des fruits, un lotus ami de l’eau] [53]. Dryopé y avait cueilli, pour les donner à son fils et lui servir d’amusement, quelques fleurs ; et j’allais en faire autant, —car j’étais là, — quand je vis des gouttes de sang tomber de la fleur, tandis qu’un tremblement et un frisson agitait les tiges. La vérité était, comme les paysans trop tard nous l’apprennent enfin, que la nymphe Lotis fuyant l’insistance obscène de Priape, s’était métamorphosée en cet arbre, tout en conservant son nom...» (Ovide)]


[53]  Il ne s’agit pas du lotus aquatique (nymphœa lotus), mais d’un arbre que Pline décrit (N.H., XIII, 32), et dans lequel on reconnaît le jujubier, aux fruits gros comme une fève, réunis en grappes, et d’une saveur  si douce que Polybe la préfère à celle de la figue ou de la datte. On se rappelle l’escale d’Ulysse au pays des Lotophages (Od., IX, 80-104), qui est l’île de Djerba, sur la côte de Libye.

 
 


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